Je le dis et je le répète. Il y a des disques qu'on prend comme une claque dans la gueule. Mais Grindstone, le dernier album des norvégiens de Shining s'encaisse comme un violent coup de latte au cul. Cocktail imprévisible de free jazz et de rock progressif, ce disque nous plonge au coeur d'une visite cauchemardesque dans un hôpital psychiatrique... d'heroic fantasy. A écouter de toute urgence !
Pour rappeler que les racines de ce quatrième album sont à puiser au plus profond du rock prog, Shining a interprété à sa sauce "21st Century Schizoid Man" de King Crimson pour une radio norvégienne. Le résultat est à écouter ici. L'émission dure environ une heure et je présume que tous mes charmants lecteurs ne maîtrisent pas le norvégien. Le passage de Shining est à chercher après environ 3/4 d'émission. Bon courage quand même...
De nombreux extraits de ce somptueux album sont à écouter ici.
A mon grand désarroi, le nouvel album de The Cinematic Orchestra décroche haut la main le titre de la plus grosse déception musicale des 10 dernières années. Un groupe que je suis à la culotte depuis si longtemps, qui a sorti tant de belles choses dans le milieu jazzy et qui tombe dans la popinette d'ascenseurs, ça fait vraiment peine à entendre. Après 10 écoutes acharnées de Ma Fleur, "transparente" est le seul qualificatif que m'inspire cette succession de chansons sans âme. C'est typiquement le genre d'album qui passe totalement inaperçu: la dernière plage arrivée à terme, il faut dix bonnes minutes pour réaliser que le calvaire est terminé. Après deux titres, mon attention était déjà ailleurs. J'ai deux théories pour expliquer le niveau au ras des pâquerettes de ce quatrième album de The Cinematic Orchestra.
Théorie n°1 Après avoir sorti trois albums acclamés haut et fort par la critique (Motion, Everyday, The Man With The Movie Camera), réalisant la synthèse parfaite entre acid-jazz instrumental et cultures urbaines marquées tant par le hip hop que par la drum'n'bass, les lascars de The Cinematic Orchestra se rendent compte que l'avant-garde, c'est bien joli mais ça ne paie pas les factures. Ils scrutent donc de près la tête des charts et décident de sortir l'album-pute qui leur permettra d'être diffusés sur les ondes les plus fréquentées de la FM. On emprunte donc trois notes de piano miéleuses à Coldplay, le chant prépubère de Keane et des arrangements gonflés aux violons pleurnichards. Au diable les lignes de contrebasse groovy, la batterie hyperkinétique et les tsunamis de saxophones. Place à la pop larmoyante qui trônera par caisses de douze sur les présentoirs de HMV, histoire de vendre quand même quelques milliers de disques et de pouvoir enfin s'offrir une familiale de marque suédoise. Il n'y pas de raison que ce soient toujours les mêmes qui en profitent.
Théorie n°2 Jeff Buckley a eu un fils illégitime avec Brian Molko avant sa dernière partie de pêche. Frustré que son existence soit restée cachée pendant tant d'années, le gosse a décidé de frapper un grand coup : depuis 6 mois, il séquestre The Cinematic Orchestra dans un ranch du Wyoming, les oblige à enregistrer ses propres compositions sur son iMac et espère que le fruit des ventes de cet album inepte lui permettra de s'offrir les cours de navigation qui ont jadis tant manqué à son père. Sa licence en poche, il libérera les musiciens et partira vivre parmi les siens sur l'Ile de Pâques.
Dans les deux cas, j'espère que The Cinematic Orchestra se sortira rapidement de ce pétrin pour revenir à des compositions qui correspondent mieux à l'étendue de ses talents. Mais pour cette cuvée 2007 qui a tourné au vinaigre, je suis désolé, ce sera un zéro pointé.
N'étant pas en principe un grand fan de dance music ou de house, je dois confesser que, chaque année, je me laisse séduire par l'un ou l'autre disque qui s'invite par une oreille et refuse obstinément de sortir par l'autre. J'ai ainsi craqué dans le désordre pour les grooves de Wagon Christ, Mental Overdrive, Lindström & Prins Thomas, Jackson & His Computer Band, Mylo, Soldout. Un rayon de soleil appuyé, un apéritif maison de trop, quelques beats bien carrés ont ainsi facilement raison de mon aversion épidermique pour les dancefloors. En 2007, été printanier ou printemps estival selon les goûts, les machines à danser sont également à l'avance. Et mon choix se porte, tout naturellement, sur le duo canadien MSTRKRFT (à prononcer mastercraft). L'album The Looks est tout simplement une usine à tubes pour danser toute la nuit. Ce n'est pas compliqué, sur les huit titres que comporte le disque, on dénombre pas moins de... huit méga-bombes qui ne demandent qu'à enflammer nos soirées. La recette n'a rien de révolutionnaire et c'est sans doute cette simplicité qui fait mouche. Sans faire de chi-chi, MSTRKRFT se concentre sur l'essence de la dance-music : provoquer l'hystérie avec des boucles bien calées entre des rythmes très carrés. Puissante, efficace. Rien à redire. L'histoire nous dira si, dix ans après le Homework de Daft Punk, MSTRKRFT aura signé une des plus belles pages de la dance. Laissons ce débat aux historiens, je dois filer, j'ai des fourmis dans les guibolles.
Il y a parfois des hasards de calendrier qu'on pourrait confondre avec un petit coup de pouce du destin. En effet, le 22 mai, sortira le 2e album de Someone Still Loves You Boris Yeltsin, quatuor qui se décrit comme le 3e meilleur groupe de Weller Street, à Springfield, Missouri. Visionnaire, SSLYBE avait annoncé de longue date que l'album s'intitulerait Not Worth Fighting, un titre que l'ancien président russe a appliqué à la lettre pas plus tard qu'hier. Paix à son âme. Adepte des petites perles indie pop, SSLYBE avait déjà sorti un premier album en 2005, intitulé Broom et enregistré au fond d'un grenier. Not Worth Fighting sera donc leur premier album enregistré avec de vrais moyens de vrai groupe. Half Awake Deb, le premier extrait de ce nouvel album à écouter sur MySpace est un vrai régal. On guettera donc impatiemment la sortie de l'album complet.
Cette année, c'est DJ BoBo qui a été choisi pour représenter les couleurs helvétiques au Concours Eurovision de la chanson. Habitué des charts dans les pays germaniques, DJ BoBo a surtout connu le succès en 2003 avec son tube Chihuahua, qui servit à promouvoir les vertus d'une célèbre boisson pétillante aux extraits végétaux. Au pays des montres, cette nomination a suscité une vague de protestations d'associations et partis politiques de tendance chrétienne. En effet, la chanson qu'interprétera le digne successeur de Céline Dion (Ne Partez pas sans moi, en 1988 - le temps passe si vite) s'intitule Vampires Are Alive, ce qui a le don de dresser les cheveux sous les calottes. Du coup, l'Eidgenössisch-Demokratische Union (EDU) y va de sa pétition pour réclamer le retrait de la chanson qui ferait l'apologie "du satanisme et de l'occultisme". En deux semaines, la pétition a récolté plus de 40 000 signatures ! Waouw ! Pourtant, un coup d'oeil furtif au clip de la chanson incriminée permet de rétablir la vérité historique : DJ BoBo est aussi sataniste que Soeur Sourire une disciple de Charles Manson. Allons les gars, un peu de sérieux... Reste que cette tempête dans un verre d'eau bénite pourrait bien faire les affaires de DJ BoBo. Analysons rapidement ses chances.
Ses atouts : - C'est un Dieu vivant en Allemagne, où il écoule ses singles par palettes depuis plus de 15 ans. Or, il ne faut jamais négliger le vote allemand. Jamais ! - Malin comme un singe, il mélange deux recettes à succès : d'un côté, une chanson euro-dance typique des campings de la Costa Brava, de l'autre, un clin d'oeil gros comme un camion au côté obscur de la force qui avait permis à Lordi de l'emporter l'an dernier. OK, le résultat est indigeste, mais si c'était un critère de choix à l'Eurovision, ça se saurait. - Le demi-scandale déclenché par les suceurs de Ricola en soutanes lui fait une excellente publicité.
Ses faiblesses : - Il concourt pour la Suisse. Or, c'est cette confédération qui a lancé la carrière de Céline Dion en 1988. Vingt ans plus tard, l'Europe est-telle prête à pardonner ? - La ménagère de plus de 70 ans risque de se pisser dessus de peur. Les autres vont se pisser dessus de rire. - Le message (une critique acerbe de la fiscalité helvétique jugée trop sévère ?) n'est pas d'une clarté cristalline. Johnny et compagnie se laisseront-ils séduire par le vote utile ?
Pronostic : le vote allemand devrait lui permettre d'espérer une place dans les 10 premiers.
L'album Daydream Nation, initialement sorti en 1988, sera décidément à l'honneur cette année. Non seulement Sonic Youth réinterprétera en live cette oeuvre magistrale lors de plusieurs concerts (Londres, Barcelone, Berlin, etc.), mais Geffen a également annoncé qu'il ressortirait l'album en édition de luxe, accompagné d'un 2e CD de 15 titres composé d'enregistrements live, de démos et de chansons inédites. On y retrouvera notamment 4 reprises : - Within You, Without You des Beatles - Computer Age de Neil Young - Electricity de Captain Beefheart - Touch Me I'm Sick de Mudhoney
Cette réédition sera disponible en double CD et en quadruple vinyle. Sortie dans les bacs prévue pour le 12 juin.
Mille sabords Ce vendredi 20 avril marque une étape importante dans la vie de ce blog qui vient d'enregistrer sa 1000e visite depuis la mise en place de ce merveilleux compteur. Nous tournons actuellement à un rythme de 15 à 30 visites par jour, ce qui n'est déjà pas si mal. Merci à tous les lecteurs, fidèles ou pas. En tant qu'animateur unique de ce blog, je dois toutefois vous confesser l'objet de mes frustrations : ne pas connaître l'avis des afficionados qui consacrent quelques minutes chaque semaine à lire les dernières mises à jour du site. Je suis en effet conscient que ce blog pourrait être amélioré et j'aimerais que vous vous manifestiez : je vous invite donc à me faire part de vos réactions. Je n'ai pas la prétention de tenir un blog parfait, donc n'hésitez pas à me communiquer vos remarques, qu'il s'agisse du ton général des articles, des sujets abordés, de la mise à jour parfois un peu bancale, etc. J'ai d'ailleurs créé une adresse email à laquelle vous pouvez désormais envoyer toutes vos suggestions : newkicksontheblog@gmail.com
Je me rends compte également que l'administration d'un blog demande une certaine disponibilité, pas toujours compatible avec les horaires de travail de l'homme moderne. Je lance donc un appel à toutes celles et ceux qui seraient intéressés de contribuer à ce travail. Soumettez-moi vos idées et nous verrons comment faire avancer ce blog ensemble.
Enfin, un petit point sur les évolutions à venir. Il est toujours question de basculer prochainement vers une nouvelle plateforme. Le nom de domaine www.newkicks.be est désormais ma propriété. J'ai commencé à organiser la bascule, qui s'avère pour l'instant plus compliquée que prévue. Mais logiquement, pour la fin du 1er semestre, la nouvelle formule devrait être opérationnelle.
En attendant, on se satisfait de ce qu'on a et j'espère rencontrer vos attentes.