Initialement consacré aux chroniques musicales, ce blog a muté pour devenir mon carnet de route de musicien au sein de OMSQ.
mardi 30 juin 2015
Nouvelle vidéo : OMSQ live au Kinky Star à Gand
Trame narrative: l'asphyxie.
mardi 31 mars 2015
Les coulisses d'une vidéo : OMSQ "Limitless" (tribute to Singham)
En procrastinant sur Youtube, je tombe donc sur une scène apparemment culte tirée de Singham, sorte de super flic nourri au poulet tandoori. Je constate qu'à quelques secondes près, le timing correspond tip top à celui d'un de nos morceaux issus de notre album Thrust / Parry. Je remets la vidéo en coupant le son et en jouant le titre en question en fond sonore. Bingo...
Une après-midi plus tard, passée dans les locaux de Navalorama Records à disséquer l'un ou l'autre plan pour bien caler l'image et la bande sonore, l'affaire était dans le sac.
Quand je serai plus grand, je veux devenir compositeur de musiques de films d'actions avec des moustaches et des mecs qui pourchassent des Jeep avec un réverbère sous le bras.
Le résultat:
La vidéo originale (avec une bande son nettement plus couillue):
lundi 23 septembre 2013
Vidéos : OMSQ live in UK
Au final donc, une micro-tournée plus qualitative que quantitative, qui - malgré nous - nous a évité d'écumer des pubs sales et à moitié vides pour nous concentrer sur deux prestations dans des endroits exceptionnels.
D'abord le MalcFest, à Charing, dans le Kent. Initialement imaginé comme la grande fête d'anniversaire de Malcolm Gayner, le batteur de Djevara, l'événement s'est au fil des années muté en un festival qui rassemble toutes les rencontres musicales que Malcolm a pu nouer lors de ses nombreuses tournées. Un vieux pub façon auberge des chasseurs, paumé au milieu de nulle part et entouré de prairies, plusieurs scènes sous tente. Festival entièrement gratuit, plus de 60 groupes à l'affiche sur trois jours, venus des quatre coins de l'Europe. Camping sauvage, barbecue à l'arrache, happenings un peu partout... le vrai festival DIY où les gens viennent s'en mettre plein les oreilles, dans des styles aussi variés que le hardcore, le punk rock, la power pop, le folk traditionnel, l'electro garage, le blues, etc.
Nous étions programmés le vendredi, à 14h40, dans la Green Tent. Tente cosy, on s'y amasse à 20, peut-être 30 en se serrant et en comptant les musiciens et leurs instruments. D'autant que dehors, il flotte comme vache qui pisse. Idéal pour balancer un set de 45 minutes, sur une sono de fortune. Les amplis ne sont pas repiqués, on se contente de balancer les samples en façade, ce qui ne les empêche pas de saturer. Le concert n'est certainement pas notre meilleur, mais la proximité sous cette tente pas tout à fait étanche a aidé à créer une vraie symbiose avec un public apparemment assez heureux de se faire détruire les oreilles. C'est comme si on jouait en famille, autour d'un feu ouvert, dans notre salon.
Sur la suite du festival, on a pu découvrir des tas d'artistes intéressants. Le duo punk-noise Lamo, le doom épique des vétérans de Khthon, la virtuosité acoustique de Tener Duende, la prestation electro-trash de l'incroyable Leevil, etc.
Le lendemain, direction Camden, à Londres, pour jouer dans une salle qui traîne derrière elle une solide réputation : The Underworld. Au MalcFest, tout le monde semblait admiratif à l'idée qu'on se produise dans cet endroit, présenté comme l'eldorado pour toute une scène qui pratique un rock lourd, du stoner au metal le plus extrême. Quelques semaines avant nous, Carcass s'y était produit. Dans le couloir qui mène au bar, quelques photos de nos illustres prédécesseurs : Josh Homme, Max Cavalera, Dave Grohl... On n'est pas là pour rigoler.
Ce jour-là, nous sommes à l'affiche d'un "All Dayer" baptisé "Ouch My Generator", ces concerts qui s'étalent sur toute une après-midi. 10 groupes à l'affiche, nous avons l'honneur de passer en quatrième position et d'être le seul groupe étranger programmé ce jour-là. En tête d'affiche, une référence sur la scène prog-sludge britannique : Humanfly, un groupe de Leeds qui tournait encore cette année avec Bongripper et Conan. Excusez du peu. Parmi les autres, on retrouve le screamo de Palehorse, le post-rock de Solaris, le sludge de Nomad, l'emocore de Sumer, l'afro-punk de Vodun...
Les conditions sont ultra strictes : 30 minutes par concert. Entre chaque concert, un battement de 15 minutes pour permettre au groupe précédent de démonter... pendant que le suivant s'installe. Un stage manager s'assure du respect du planning, chronomètre à la main. Juste avant nous, Solaris se fait couper la chique au bout des 30 minutes prévues : alors qu'ils entament un dernier morceau, l'ingé-son coupe les micros, rallume la scène et envoie un cd. On ne rigole pas avec l'horaire à l'Underworld.
Nous voilà donc sur scène, avec 15 minutes pour monter notre brol, sachant que la veille, au MalcFest, on a mis 1h15 pour finaliser le soundcheck... Ce n'était pas gagné. Lorsque le stage manager annonce qu'il nous reste 4 minutes, je suis encore en train de brancher mes pédales. A 2 minutes, j'accorde ma guitare. Et quand tout s'éteint et que Ludo, notre bassiste, soupire "Bon, on y va...", on n'a tout simplement pas fait de soundcheck.
On balance la sauce, aveuglés par des spots qui ne nous laissent entrevoir que le premier rang. Première bonne surprise : le son est excellent. Il faut dire que l'Underworld laisse peu de place au hasard. Trois personnes qui s'occupent du son, on n'avait encore jamais eu droit à ça avec OMSQ.
Evoquons brièvement les ennuis techniques du premier morceau : Ksa, l'autre guitariste, pète une corde après une minute de concert à peine, a laissé sa 2e guitare en backstage, se précipite sur ma guitare de secours mais ne m'entend pas quand je lui crie qu'elle n'est pas accordée. Il se rebranche, constate que rien ne sonne et quitte la scène, nous laissant terminer ce premier morceau à trois.
Ce set commençait de la pire des façons. Pas le temps de tergiverser. On a 30 minutes pour jouer. On a roulé des heures et des heures pour arriver jusqu'ici, ça nous a coûté un bras en ferry, en carburant, en parking. Pas question de se dégonfler.
Fin du premier morceau, le public ne semble pas nous tenir rigueur de cet incident. Ksa réapparait sur scène, plus furieux que jamais. C'est bon signe. Pied au plancher, on envoie un set serré, plus compact qu'à l'accoutumée, préparé spécialement pour l'occasion. Les morceaux défilent et, malheureusement, au bout de quatre titres, les 30 minutes sont déjà écoulées, alors que nous devons encore aborder notre final. Un bref regard à Patrice, l'organisatrice de l'événement, qui ne quitte pas le premier rang. Elle répond de continuer. Nous aurons été les seuls ce soir-là à déborder sur l'horaire prévu.
Sortis de scène, on sympathise avec les autres groupes à l'affiche ce jour-là. On entend des choses qu'on n'avait pas eu l'habitude d'entendre. Un gars nous compare à Cult of Luna, l'organisatrice nous demande de lui dédicacer un disque. Apparemment, on a marqué un grand coup. Jouer sans réfléchir, la rage au ventre, semble nous réussir.
On prend des contacts avec plein de gens. C'était le but premier de cette très brève tournée anglaise. Rencontrer, discuter, jouer, convaincre, préparer l'avenir. On reviendra en Angleterre, c'est certain. Et sans doute à l'Underworld.
En attendant, il est temps de redescendre, d'expulser cette tension ressentie sur scène. Il est temps de se bourrer la gueule. On reprendra la route le lendemain. Et on reviendra en Angleterre en 2014.On a filé des badges et des stickers à tous ceux qu'on a rencontrés. Même aux chiottes. Même à la pizzeria. Et même aux chiottes de la pizzeria. Histoire de laisser une trace de notre premier passage en Angleterre. Histoire qu'ils ne nous oublient pas.
Les liens
Les photos du périple anglais par Séverine Bailleux
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OMSQ sur BandCamp
mercredi 21 août 2013
Vidéo : The Fabulous Progerians - M.O.R.E.
Les liens :
Commander Vertigo chez Antée Records
Ecouter Vertigo en streaming
The Fabulous Progerians sur Facebook
The Fabulous Progerians sur BandCamp
lundi 19 août 2013
Vidéo : OMSQ live au DNA. Bruxelles, 4 juillet 2013.
En fait, je serais bien incapable de dire qui tient la baraque là-bas. Puisque personne ne m'y a adressé la parole, ni à moi, ni aux autres membres du groupe, hormis un ingé son qui ne faisait rien d'autre que son boulot.
A part ça... Pas un mot. Pas un bonjour, pas un au revoir, pas un merci, même pas un "c'était cool, les gars" (qui n'était pas obligé d'être sincère non plus) au moment de descendre de scène, après 45 minutes passées à bastonner la sono. Pas un mot, j'exagère peut-être. Il y en a bien eu quatre : "Trois euros quatre-vingts". C'est le prix pour avoir osé me présenter au bar et demander les 2 bières qui m'accompagnent habituellement sur scène au moment d'entamer notre concert. Soyons de bonne facture. Surtout qu'au cours des 2 heures écoulées entre notre arrivée et le début du concert, j'avais déjà liquidé mes trois généreux tickets boisson. Soiffard que je suis.
On excusera le barman en se souvenant que, vu qu'il n'avait pas cru bon de se présenter au moment où nous déchargions le matériel, il ignorait peut-être que je faisais partie des musiciens. On mettra l'indélicatesse sur le compte de la timidité.
Souvenir étrange de ce concert qui n'était pas censé rester gravé dans nos courtes mémoires, on vient de trouver sur Youtube une capture vidéo intégrale de l'événement. L'image vaut ce qu'elle vaut, elle est d'ailleurs parfois en léger décalage par rapport à la bande son. Mais voilà qui te donnera une petite idée de ce que peut donner OMSQ sur une scène. Et c'était de loin notre moins bon concert à ce jour.
On attaquera de nouveau la scène dès septembre, avec deux dates en Angleterre, puis une date à La Louvière. Il paraît que les Anglais sont plutôt des bavards. Et les Louviérois n'ont pas la réputation d'avoir leur langue en poche non plus. Tant mieux. La timidité feinte m'agace.
Prochains concerts :
- 6 septembre au MalcFest à Ashford
- 7 septembre à The Underworld, à Camden
- 18 octobre à La Taverne du Théâtre, à La Louvière
Les liens
OMSQ sur Facebook
OMSQ sur BandCamp
jeudi 25 octobre 2012
Du Shkval et du OMSQ en vidéo
Primo, une vidéo de OMSQ tournée en une seule dans notre local de répétition, mal éclairé. Une Nikon équipé d'un fisheye posé sur un pied dans un coin de la pièce, un micro placé au centre et voici le résultat. Le track en question s'intitule "Limitless".
Secundo, un clip vidéo de Shkval, pour le morceau "Epic Escape". Comme pour le trailer annonçant la sortie du disque Predict Suite, celui-ci a été réalisé sur la base d'images libres de droit, montées pour en faire une inquiétante trame.
Pour nous suivre :
OMSQ sur Facebook
OMSQ sur BandCamp
Antée Records sur SoundCloud
OMSQ sur Twitter
Le site officiel d'Antée Records
Pour écouter l'EP :
SHKVAL/OMSQ - Predict Suite EP - sur SoundCloud
Pour télécharger l'EP :
SHKVAL / OMSQ - Predict Suite EP - sur BandCamp
Pour commander l'EP :
SHKVAL / OMSQ - Predict Suite EP - sur Antée Records
mercredi 5 janvier 2011
Esthers, la dernière vidéo d'Amon Tobin "made in Belgium" (dir. Charles De Meyer)
Tournage entre Anvers et Bruxelles, brouette d'effets spéciaux et au final un film qui colle parfaitement à l'image. Cocorico... en attendant le nouvel album d'Amon Tobin.
A regarder : Esthers
A regarder : Esthers, le making of
A regarder : Oslo Skyline (Jaga Jazzist)
Les liens
Charles De Meyer
Amon Tobin
Jaga Jazzist
vendredi 8 janvier 2010
Tu Fawning en route, 31knots en acoustique
Les liens :
www.myspace.com/tufawning
www.myspace.com/31knots
www.myspace.com/corrinarepp
www.lecargo.org
lundi 29 juin 2009
Sonic Youth - The Eternal

Voilà neuf ans que j’attendais un album de Sonic Youth digne de ce nom. Car depuis l’époustouflant NYC Ghosts & Flowers sorti en 2000, trois albums « moyens » s’étaient succédé : si Murray Street (2002) pouvait encore faire illusion sur quelques titres, je peine à me souvenir du moindre morceau de Sonic Nurse (2004) ou même de Rather Ripped (2006). Ces deux CD hibernent bien sagement sur mon étagère depuis lors.
2009 : changement de label pour les quinquagénaires (qui passent de Geffen à Matador) qui en profitent pour revenir à des compositions moins convenues. Aucun doute sur Sacred Trickster, plage d’ouverture sur laquelle Kim Gordon se rappelle le bon vieux temps où elle s’égosillait, les cheveux au vent. Suit Anti-Orgasm avec son riff de guitare d’intro à la Mudhoney : Kim et Thurston s’y donnent la réplique sur les couplets, tandis que sur le refrain, c’est Kim qui reprend les commandes et gémit comme une bête empalée sous les assauts d’une batterie en pleine érection.
Tiens, je pense à Fernande…
Anti-Orgasm s’achève sur une lente descente, Kim la tête enfoncée dans l’oreiller, à la fois magnifique et ruisselante.
Sur Leaky Lifeboat, on lève le pied pendant trois minutes, le temps de laisser passer quelques lalalalas sur un refrain et de bien belles harmoniques.
Antenna s’ouvre sur une super rythmique saccadée… mais s’emmêle un peu les pinceaux quand Thurston se met à chanter. C’est peut-être le défaut principal de Sonic Youth sur ces 10 dernières années : avoir accordé trop de place au chant lisse d’un Thurston Moore qui n’est finalement jamais aussi bon que quand il gueule un bon coup. Sur bientôt trente ans de carrière, je dois avouer que je commence à avoir fait le tour de sa palette vocale. Ceci dit, Antenna enchaîne sur de superbes montées de guitares qui se marient à merveille à cette batterie tranchante.
Tiens, pas encore parlé de Lee Ranaldo ? C’est sur What We Know qu’il ramène enfin sa fraise. Rien à dire niveau vocal : c’est quand Lee s’empare du micro que je frissonne vraiment. Il a ce grain dans la voix qui me fait frémir et surtout, cette capacité à toujours la poser juste où il faut quand les guitares se veulent plus bruyantes. Du tout grand art. Allez, on se la remet !
Calming The Snake voit Kim Gordon revenir à la charge dans une forme qui nous rappelle l’époque de Goo. Elle carbure à quoi, la Kim ? Il y avait longtemps qu’on ne l’avait plus vue aussi épanouie. Tandis que sur l’intro de Poison Arrow, Thurston Moore s’enfonce un peu plus dans ses mésaventures pop, il redresse la barre un peu plus loin en matraquant la guitare, sans pour autant sauver le morceau. Le maillon faible de l’album.
Sur Malibu Gas Station, on replonge carrément en pleine époque Dirty : batterie punk, guitares nerveuses et Kim qui chante comme si elle avait 14 ans. C’est ce que j’aime le plus chez elle : sa façon de passer d’un registre digne de la petite Nancy Sinatra qui chantait These Boots à un rugissement de bête assoiffée de sang. C’est pour ça que j’étais amoureux d’elle à 16 ans.
Thunderclap For Bobby Pyn est un autre morceau en demi-teinte, trop pop’n’roll à mon goût (il y a même un solo de guitare !!!), une tentative avortée de ratisser large. C’est typiquement pour ce genre de chansons que je n’ai jamais accroché aux deux albums précédents. On aurait pu craindre la même dérive sur No Way, qui tire toutefois son épingle du jeu grâce à un riff de guitare diaboliquement efficace et à un Steve Shelley décidément déchaîné derrière ses fûts.
Walking Blue est le second (et donc dernier) titre de cet album qui offre la possibilité à Lee Ranaldo de poser sa voix sombre et délicate, toujours à cheval entre le blues et le spoken word. C’est carrément géant, un peu planant, un peu mélancolique. Comme à chaque fois avec Lee, survient cette impression d’un garçon de 10 ans qui s’amuse à chanter avec la voix d’un mec de 50 balais. L’envolée de guitares est somptueuse et vient ponctuer d’une touche oppressante un titre jusque là assez léger. Ça aurait dû être LA perle de l’album mais c’était sans compter sur ce qui suit…
Massage The History fait office d’épilogue pour The Eternal. Et quel épilogue ! Quelques accords de guitare acoustique pour commencer, la guitare électrique qui vient pleurer au-dessus comme un chant de baleine et puis… et puis… et puis c’est Kim qui vient me susurrer au creux de l’oreille de sa voix cassée quelques phrases à peine audibles (on pense à la petite Charlotte Gainsbourg sur Lemon Incest) avant de briser la monotonie avec un orgastique « You’re so close to me » au son duquel on entend les manches de guitares se dresser à l’unisson. Place alors à une longue digression instrumentale (comme elles m’avaient manqué celles-là !) qui me caresse dans le sens du poil, comme si avec Sonic Youth, on plaçait les préliminaires au milieu. C’est finalement Kim qui reprend les choses en main, grogne tendrement et décide de terminer sa petite affaire en douceur, les cheveux blonds collés sur un front en sueur. Elle se frotte, ronronne, fait le gros dos, et respire de plus en plus fort. Elle gémit une dernière fois avant de se raidir en un ultime sursaut.
Glps
C’est fini. Je suis où, moi ? Et pourquoi je suis à poil ? Et ça sent le fauve ici. Kiiiiiim ?
A regarder : la vidéo de Sacred Trickster
Le lien :
dimanche 7 juin 2009
jeudi 4 juin 2009
Tel St Thomas, je ne crois que ce que je (re)vois
mardi 2 juin 2009
Pterodactyl - Worldwild

La famille Pterodactyl est heureuse de vous annoncer la naissance de son petit deuxième, le bien nommé Worldwild. Le parrain, votre hôte, en est ravi. Le petit se porte bien, gueule un peu moins que son aîné et affiche clairement sa parenté avec ses lointains de cousins (et accessoirement voisins de Brooklyn) TV On The Radio, Liars et These Are Powers dont on parlait justement il y a peu (et avec lesquels ils tournent actuellement).
Pas évident a priori de réussir l’exercice périlleux du deuxième album, surtout après Blue Jay, cette joyeuse claque qui, il y a deux ans, m’avait dévié la cloison nasale de 5 millimètres dans le sens du vent. Même moi, j’avais des doutes avant d’écouter le disque dans son intégralité, tant les premiers extraits m’avaient laissé sur ma faim. Et pourtant… et pourtant…
Malgré l’apparente absence de fil conducteur des chansons prises séparément (February qui n’a ni queue ni tête par exemple), l’ensemble se révèle d’une impressionnante cohérence, piétinant allègrement les notions de couplets, refrains et autres tracasseries de la musique pop. Les guitares se montrent un poil moins agressives que sur l’album précédent, laissant du coup un peu plus d’espace aux voix qui se superposent ici superbement à une batterie qui trotte, qui galope, qui trotte encore, et regalope, la salope.
Ce qui est le plus jouissif chez Pterodactyl, c’est ce côté « Je branche ma guitare, je braille, le batteur s’excite et ça sonne d’enfer. » Sans pour autant fermer la porte à des compositions plus retenues (Alex) ou carrément ambient (Easy Pieces). Car comme le dit l'intro de February: "His heart beats slow like a metronome."
C’est rigolo, tout ce joyeux bordel ferait parfois penser aux premiers albums de Blonde Redhead. A l'époque où j'étais vraiment fan.
A quand une tournée en Europe ?
A regarder : la vidéo de No Sugar
Pterodactyl--"No Sugar" Music Video from Pterodactyl on Vimeo.
Les liens :
Le site officiel : http://www.pterodactyl.info/
Sur MySpace : http://www.myspace.com/pterodactyl
Le blog : http://pterodactylband.blogspot.com/
Brah Records : http://www.brahrecords.com
jeudi 28 mai 2009
Onze onze onze: The Jesus Lizard is back
Onze années que j’attendais le retour sur scène de The Jesus Lizard. Onze années que je ressassais ces souvenirs toujours très clairs d’un David Yow indomptable surfant sur la foule du Pukkelpop et s’agrippant aux poteaux qui tenaient le chapiteau. Onze années que je racontais au premier passant que « le meilleur concert que j’ai jamais vu, c’était les Jesus Lizard. »
Hier, enfin, le jour J. Le retour du meilleur groupe de la planète sur la scène du festival Villette Sonique à Paris.
Il aura fallu en tout et pour tout 5 secondes à David Yow pour balayer les quelques milligrammes de doutes qui auraient pu subsister – « Est-ce que ce sera toujours aussi bien qu’avant ? » Les Jesus débarquent, Yow s’approche du micro. Avant d’entamer le set, il commente les prestations très discutables des deux groupes censés ouvrir le bal : Men Without Pants et Sunn O))).
« I took a shit this morning which sounded better than those bands. »
Le ton est donné. Il s’empare du micro, s’avance de deux pas, fond dans la foule et c’est parti pour pratiquement une heure et demie de pure folie. Yow est déchaîné, il n’a pas perdu une once d’énergie depuis tout ce temps. Il dérive sur un public survitaminé, se promène sur scène, hurle, prend deux pas d’élan et bondit à nouveau. Derrière, malgré les cheveux blancs de Duane Denisson, les Jesus Lizard assurent une rythmique d’enfer.
Le public ne s’y trompe pas : The Jesus Lizard a remporté haut la main le titre du meilleur groupe du monde et ils comptent bien le défendre. Quand on assiste à une prestation d’une telle intensité, tout est permis. Plus personne n’est rationnel. Les stage divings pleuvent. Un mec prend sa battue et effectue un salto avant de s’écraser sur nous. Un autre grimpe sur la scène, dérobe le micro et assure lui-même les chants sur la moitié de Boilermaker. Un autre se dresse à côté de David Yow, déboutonne son futal et montre son cul. Un autre fait le poirier avant de disparaître devant la scène. Une nana monte à son tour sur le podium, s’approche du leader charismatique et lui roule une pelle. Elle croit s’en tirer à bon compte mais David l’attrape par le cou, la plaque au sol et s’assied sur la pauvre demoiselle le temps de terminer son morceau. Enfin délivrée, la jeune fille se retrouvera avec l’élastique de sa jupe au niveau des genoux au moment de sauter dans le public.
Sur Blockbuster, David Yow s’enfourne le micro en bouche et chante un couplet entier tout en accomplissant une série de vingt pompes. Ce n’est plus du rock, c’est de la rage. Il finit une fois de plus dans le public, juste à côté de nous. Alors on le prend par l’épaule et on gueule avec lui dans le micro pour terminer le morceau.
« Do You ? Motherfucker ! »
Sueur, décibels et rock’n’roll. Le meilleur groupe du monde. La setlist est parfaite même si le rappel aura été un peu mollasson en comparaison au reste du show. Mais le corps humain a aussi ses limites. On souffle un peu, on s'éponge le front, la chemise ruisselle.
De ce concert, je rentre avec une dizaine d’hématomes sur les bras et les tibias. Des images plein la tête, des accords et des cris plein les oreilles. Je ne suis pas certain de pouvoir attendre onze autres années pour revivre ça. L'impression est celle d'avoir vécu un concert-orgie comme on les décrit dans les encyclopédies du rock : ces scènes de délire censées avoir disparu des salles depuis les années 70. Le rock est mort ? Mon cul.
Le meilleur groupe du monde, maman, c’est les Jesus Lizard.
A regarder : Puss et Seasick au Villette Sonique.
Les liens:
http://www.tgrec.com/bands/band.php?id=78
lundi 25 mai 2009
These Are Powers - All Aboard Future

Dans la série “que seraient-ils devenus si…”, nous célébrons aujourd’hui les Yeah Yeah Yeah’s, soit la plus grande déception rock du millénaire. Un premier EP fabuleux, puis la tête qui enfle dès le premier album, l’imagination qui se met en grève et un art de la pose devant l’objectif qui n’est pas innocent dans l’arrivée massive des têtes de mort sur t-shirts roses dans les vitrines de H&M.
Que seraient donc devenus les Yeah Yeah Yeah’s s’ils avaient conservé la fougue dans laquelle baignait Bang ? La réponse se trouve peut-être dans cet album de These Are Powers, trio electro-rock formé autour de l’ancien bassiste de Liars. Ici s’emmêlent dans un beau bordel les beats saturés, une basse qui couine et une voix féminine qui vibre sous les coups de boutoir. Ça flaire bon la sueur, les fluides corporels, les poils qui collent et le lubrifiant. Bruyant, sexy, remuant, primal et parfois un peu abrupt (les rythmes synthétiques ne sont pas toujours forcément bien calés et ça chuinte sur certains passages), cet album affiche clairement ses liens de parenté avec Liars et nous balance une réponse enfants non admis aux déhanchements de The Kills. On pourrait aussi penser à une relecture préhistorique de Portishead.
Franchement indispensable pour entamer l’été.
A regarder : Life Of Birds (live)
Le lien
http://www.myspace.com/thesearepowers
mardi 19 mai 2009
En live, en vidéo, en intégralité, en Italie
Un petit lien à partager avec les copains et les copines. Une trentaine de concerts (bien) filmés en Italie au cours des douze derniers mois et retransmis en streaming, gratuitement, pour le bonheur de nos oeils et de nos orteils. A la carte : Liars, Helmet, Black Cobra, Today Is The Day, LentO, Brant Bjork and The Bros, Julie’s Haircut, etc. Plutôt du lourd…
Il y a aussi du Chris Garneau pour les membranes les plus fragiles.
On décapsule la Leffe, on s’installe bien confortablement dans le sofa et on clique ici :
http://www.officinalive.it/pagine/live.html
[Liars]
samedi 18 avril 2009
Heart and soul. One will burn.
J’ai toujours pensé qu’à chaque instant de la vie correspondait une bande son taillée sur-mesure. Comme chaque pot aurait son couvercle, chaque épisode de notre existence - cruel ou heureux, douloureux ou euphorique - appellerait cette chanson qui, plus tard, évoquerait tant de souvenirs.

samedi 21 mars 2009
Church of Ra

Non content d’avoir sorti son quatrième album fin de l’année dernière, AmenRa revient à la charge avec la publication de Church of Ra, un petit livre qui en remet une couche (de noir) sur l’univers déjà très pesant du groupe.
Les habitués d’AmenRa se retrouveront tout de suite en terrain connu, découvrant au fil des pages photos (en noir et blanc, forcément) et illustrations qui assombrissent depuis presque dix ans déjà les pochettes de chacun de leurs disques. Au niveau des textes, on retrouve une bio (en Néerlandais) qui retrace l’histoire du groupe depuis ses débuts et lève le voile sur une partie de la mythologie et de la symbolique propres à leur musique : Dieu, la croix, les églises, la patte de corbeau, etc.
Une interview (en Anglais) vient compléter le tableau et nous éclaire (quoi que…) sur les thématiques principales de leurs compositions : le péché originel, la damnation, le sacrifice, les rites religieux. La suite se compose d’une multitude de petits poèmes ou citations lugubres (en Anglais, en Néerlandais ou en Français selon les cas), de nombreuses images plus macabres les unes que les autres et, enfin, de l’intégralité des textes des quatre albums sortis à ce jour.
Ce livre s’adresse aux fans conquis ou aux curieux avertis : comme les concerts d’AmenRa, ça ne sent pas la joie de vivre et les couleurs en sont radicalement absentes.
Les liens :
http://www.myspace.com/amenra
http://www.ritualofra.com/
http://www.churchofra.com/
http://kluzehellion.blogspot.com/
http://www.kluzehellion.com/
http://www.hypertensionrecords.com/
dimanche 15 mars 2009
Des atomes, fais ce que tu veux
Dans Donnie Brasco, le personnage incarné par Al Pacino s’étouffait en apprenant la mort de John Wayne: “Comment un mec comme John Wayne a pu mourir ?”
Aujourd’hui, c’est le même sentiment qui prévaut : comment un mec comme Bashung a-t-il pu mourir ? Des mecs pareils, ça ne meurt pas. C’est censé résister aux tempêtes, tutoyer les tremblements de terre. Nick Cave ne meurt pas. David Bowie ne meurt pas. Alain Bashung ne meurt pas.
Ce n’est pas juste. S’il fallait que la faucheuse en emporte un, pourquoi pas Benabar après tout ? Un mec qui fait rimer pyjama avec mortadelle m’a l’air bien plus proche du stade terminal que celui qui interprétait encore son Résidents de la République il y a tout juste deux semaines. Et avec tellement de classe, malgré « tout ça ». La maladie dont on ne prononce pas le nom ici.
Pascal Nègre salue « un artiste atypique ». Mais je t’emmerde, Pascal Nègre. Je t’emmerde !!! Avec tous tes millions, tu ne pouvais pas trouver un subterfuge ? Regarde Iggy Pop, tout le monde sait qu’il est déjà mort trois fois. On l’a remplacé à chaque fois par un autre et personne n’a rien remarqué.
Il faudrait des lois pour interdire à certaines personnes de mourir.
En tout cas, moi, je ne suis pas d’accord. Et là je suis dans une colère noire.
mercredi 11 mars 2009
Si tu n'as jamais vu 31knots sur scène...
31 Knots @ Café de la Danse from Anousonne Savanchomkeo on Vimeo.
Les liens :
http://www.31knots.com
http://anousonne.free.fr



