lundi 1 novembre 2010

Sinner's Day "Festival"

Vendredi, Al me passe un coup de fil: "ça te dit d'aller voir les Psychedelic Furs, j'ai deux places?"
Le temps de s'arranger sur les détails du trajet, le même Al me précise: " De toutes façons, ils jouent pas avant 21h, c'est un festival, y'a d'autres groupes qui jouent, je t'enverrai le lien".

Le lien, le voilà. Avec un line-up pareil, je ne m'attendais pas à passer une soirée ordinaire. J'ai pas été déçu.




Acte 1: Here come cow-boys
 
Après les quelques détours imposés par un GPS un peu jouette, nous arrivons à l'Ethias Arena.
D'emblée l'endroit dégage une drôle d'atmosphère. Le bâtiment est une espèce de Tours et Taxis moderne, dans lequel on a disposé tous les éléments-clés d'un festival rock: stand merchandising, stand tickets, bars, volontaires de la Croix-Rouge...On dirait le festival de Dour mis sous cloche. En plus propre. En mieux  organisé. En moins rock'n'roll.

Du côté du public c'est moitié Halloween, avec les goths en impers type cape de vampire, futal en cuir et bottes kitsch; moitié Has-Been Park, avec les fans véritables de Marc Almond et Nina Hagen qui ont ressorti leurs vieilles fringues de concert pour l'occasion.

Sans perdre une seconde, Al et moi nous dirigeons vers le Club stage pour notre premier concert: The Fall

Acte 2: Like a Stranger

A voir le chanteur bourré comme Michel Daerden un soir de victoire du Standard, nous quittons The Fall avant la chute annoncée dans le titre, et nous rendons au Main Stage où nous sirotons une pinte devant un Marc Almond dont le lifting cache mal les mauvaises dents.

Soyons honnêtes: jusqu'ici, le côté kitsch un peu rigolo nous fait bien marrer, mais avec les Furs qui ne jouent que dans deux heures, si ça continue comme ça, on va finir par se faire chier.

Dans toutes les bonnes histoires, le héros tombe sur un allié inattendu. Nous croisons donc deux potes à Al, qui ont eu l'idée saugrenue d'arriver dès l'après-midi et s'empressent de nous délivrer quelques précieuses mises en garde.

Par exemple, il vaut mieux ne fumer qu'à l'endroit prévu à cet effet. Tu as envie de sourire? Tu as tort: sache qu'au Sinner's Day Festival, des flics en civil se baladent sur le site et flanquent une amende de 150 (cent-cinquante!) biftons au malheureux chopé en train de fumer en-dehors des clous. Petite consolation: la contredanse porte le logo du festival...

Les artistes ne sont pas épargnés: pour eux, pas d'alcool sur scène, rien que de la bonne eau minérale. J'en déduis que si le mec des Fall était à ce point plein mort, c'est qu'il a dû s'en déchirer la tête deux fois plus en prévision d'un set à l'eau plate...

Et ce n'est pas tout, Al et moi avions remarqué que des panneaux marqués "Club In" et "Club Out" marquaient les accès à la Club Stage. Nos deux comparses nous racontent avoir vu des types qui essayaient de sortir par une porte "Club In" se faire remballer et prier de sortir par la porte adéquate.Visiblement au Sinner's Day, la transgression c'est plutôt mal vu...


Acte 3: Alice's House

Le demi-tour n'étant pas une option, entrer et sortir d'un concert de ska, nous a pris 5 bonnes minutes...ce qui nous a permis d'arriver juste à temps pour voir Marc Almond reprendre Walk on the wild side à sa façon avant de conclure sur l'inévitable Tainted Love [Helmut Lotti Mix].

N'ayant rien d'autre  à faire, nous trouvons une place assise pour siroter une pinte en attendant Nina Hagen.

Heureusement que j'avais fini mon verre quand le concert a commencé, je crois que j'aurais tout recraché sur le mec devant moi quand la Hagen est montée sur scène. Pareil pour mes comparses: on est restés tous les quatre la machoire béante pendant au moins 15 secondes.

J'étais prêt pour le maquillage, j'étais prêt pour la coiffure, j'étais prêt pour une performance kitsch un peu vulgos. Par contre, voir une quincagénaire sortie de Buffy contre les Vampires loucher et faire des grimaces en massacrant Personal Jesus, visiblement, j'étais pas prêt.

On est restés là un moment, à la regarder brailler et tirer la langue, en se demandant si c'était comique, ou simplement pitoyable. Vint le deuxième morceau.  Au moment où Nina et ses yeux qui louchent ont entamé Riders On The Storm, le voisin de mon voisin s'est levé sans un mot et a quitté la salle.

Pour récupérer d'un choc pareil, on avait bien besoin d'une clope (dans la zone autorisée).

Acte 4: Imitation of Jesus

Le moment tant attendu. On a fumé dehors, on a été pisser avant, on est rentrés par la bonne porte. Tout est prêt.

Evidemment, les Psychedelic Furs d'aujourd'hui ne sont plus les beaux gosses en blouson noir de Midnight to Midnight. Le bassiste est devenu franchement laid, mais le chanteur a conservé un air de Bowie, auquel les années ont ajouté quelque chose de Pon-Pon.

Pretty in Pink arrive dès le deuxième morceau, ce qui est trop tôt à mon goût, la voix de Butler n'étant pas encore chaude. Petite déception. La performance musicale est tout à fait correcte. La playlist aussi, même si je regrette ne pas avoir eu droit à My Time.

Par contre, Butler aurait dû s'abstenir de prendre un ecsta par-dessus son café sucré à la coke. Outre le fait qu'il ne tenait pas en place, il nous a sorti la panoplie complète des pitreries du vieux pilier de bar-karaoké bourré: il a mimé les paroles des chansons, il a fait l'ange qui bat des ailes à côté du rythme et surtout, il s'est pris pour une toupie pendant la moitié du concert, tournant sur lui-même au ralenti, l'index pointé vers le ciel.

Dommage, car au final, le jeu de scène m'a empêché de bien rentrer dans le concert.

Acte 5: No Easy Street

Face à Echo & The Bunnymen qui commençait sur les chapeaux de roues, mais est vite devenu chiant, nous décidons de prendre la route.

Soulagement: la porte de sortie de l'Ethias Arena se trouve à côté de la porte d'entrée, ce qui nous évite de nous perdre dans le parking, ou de risquer 100 euros d'amende en sortant par la porte d'entrée. Nous sortons donc, en même temps qu'un quidam qui avait décidé de manger sa brochette dehors. Enfin pas tout à fait. Au Sinner's Day, pas de clopes à l'intérieur... et pas de brochettes à l'extérieur: le type s'est  fait remballer, prié de bouffer son saté bien au chaud. Ici, on n'aime pas trop les mecs qui bouffent dehors.

Eberlués, Al et moi nous rendons à la voiture et nous apprêtons à quitter cette maison de dingues. Affamés, nous engloutissons la réserve de vivres qui trainait sur le siège arrière, non sans jeter des regards anxieux aux alentours, de peur de se choper 1000 euros d'amende (mais avec le logo du festival) pour mangeage hors du site. Tout se passe bien, on se décide à mettre les voiles.

Evidemment, c'est devant la barrière du parking qu'on se rend compte qu'il fallait payer. S'ensuit le dialogue suivant:

- Al: "Où est-ce qu'on paie pour sortir?"
- Gardien de parking: "A l'entrée".

Ainsi s'achève l'histoire de notre soirée au Sinner's Day Festival. C'était absurde, voire sous-réaliste, mais putain, on a vu les Furs!

A regarder pour la postérité : Nina Hagen reprenant Personal Jesus

3 commentaires:

AL a dit…

Niaco is back et ça me fait vachement plaisir

MAZ a dit…

et encore tu n'as pas vu le Marky ramones Blietzkrieg....
On m'a dit que le site web du festival contenait 2 pages contenant l'ensemble des interdictions...

Le plus drôle fut notre sortie de la salle quand un membre de l'orga a demandé en flamand à mon copain Eric de ne pas sortir avec sa bière. Eric lui a répondu (en français) avec cette pointe d'accent carolo qui fait tout son charme :"tu vas arrêter de m'emmerder avec ton règlement de mes couilles". Le gars s'est platement excusé en flamand. Point d'orgue d'une journée où j'ai beaucoup ri

slim911 a dit…

Denis s'est toujours pas remis de cette aventure et je crois que TOf s'est,depuis, isolé sur un terril pour méditer.

Merde, j'ai presque des regrets de pas avoir été :-)