lundi 30 juillet 2007

Sfar-Trondheim-Larcenet : Technique Gro-Gro (Donjon Parade 5)

*** article publié par Niaco***

Retour aux sources

Fan de Donjon, j’avais fini par me fatiguer des changements de dessinateur (notamment ceux de la série Monsters, dont le trait ne cadre pas vraiment avec l’univers) et, surtout, du virage résolument glauque opéré au niveau des scénarios. Une moyenne d’à peu près un viol par album sur les 6 dernières parutions, ça fait un peu lourd pour une BD de la collection Humour de Rire.

Avec Technique Gro-Gro, Sfar et Trondheim reviennent au mélange d’humour et de sagesse presque philosophique qui a fait la saveur et le succès des premiers albums. Le choix de la série, Donjon Parade, n’est sans doute pas un hasard : d’une part, il s’agit de la série la plus résolument tournée vers l’humour de tout l’univers de Donjon ; d’autre part, c’est Manu Larcenet qui en est le dessinateur attitré. On a donc convoqué la Dreamteam pour ce retour à l’esprit et au style graphique de Donjon. Cerise sur le gâteau : l’album tourne autour de Gro-Gro, monstre sympathique, nigaud et rigolo qui mange ses ennemis et suçote les lapins comme s’il s’agissait de bonbons à la menthe.

Le résultat devrait ravir et rassurer les fans. L’intrigue est assez simple : une bande de guerriers imbattables débarquent au donjon à la recherche d’un péléen, seul monstre capable de les vaincre. Ce monstre c’est bien sûr Gro-Gro, qu’ils vont embarquer dans leur quête de la cité péléenne perdue afin de conjurer une vieille prophétie. Le décalage entre ces combattants implacables et la naïveté enfantine d’un Gro-Gro en super forme est irrésistible. Le scénario bien ficelé et le trait de Larcenet font mouche.

On en redemande.

Joann Sfar, Lewis Trondheim, Manu Larcenet : Technique Gro-Gro, Donjon Parade 5, Coll. Humour de Rire, Delcourt, 2007.

Les liens intéressants :

Site des Editions Delcourt : http://www.editions-delcourt.fr/
Dossier un peu intello sur la série : http://www.artelio.org/article.php3?id_article=1122
Site de fan, permettant notamment de comparer les variations des personnages sous les plumes des dessinateurs successifs de la série : http://www.bibou.org/donjon/
Donjon Pirate : Bd patchwork, dans laquelle chaque planche est créée par un dessinateur différent et anonyme : http://donjonpirate.canalblog.com/

dimanche 29 juillet 2007

Pterodactyl - Blue Jay

Drôles d'oiseaux

J'ai reçu ce disque il y a moins d'une semaine et j'en suis déjà complètement accro. C'est le genre de claque comme on en prend deux ou trois par an. Pas plus.
Après avoir erré entre l'Ohio et le Connecticut et sorti une paire d'EP auto-produits, les trois gars de Pterodactyl se sont finalement installés à Brooklyn où ils ont enregistré ce premier album éponyme (mais que les intimes baptisent "Blue Jay"). La musique de Pterodactyl s'appuie sur un dialogue de sourds entre, d'un côté, des guitares bruyantes au possible, des cris étouffés et des rythmes punk déchirés et, de l'autre, un chant étonnamment pop et un sample de ci de là.
C'est ainsi que des morceaux de pure sauvagerie (Polio, Rampage 2) succèdent à des parties de bravoure vocale (Safe Like A Train, Three Succeed, Esses), le tout dans un beau bordel d'accords de guitare triturés et de cimbales giflées. Le son général tranche comme un vieux couteau mal aiguisé à la lame couverte de rouille. La plaie est béante mais la cicatrice ne sera pas jolie jolie. Au niveau des références, on peut penser à Deerhoof (pour le côté pop des parties vocales), à Liars (pour certaines rythmiques syncopées), aux défunts Mc Lusky (pour les litres d'adrénaline) voire aux premiers Sonic Youth (le son de guitare) ou à ce que faisait Blonde Redhead dans les années 90 (idem).
Au final, ce premier album de Pterodactyl est fascinant de la première à la dernière seconde: ça joue vite, ça joue fort et ça joue juste. Blue Jay s'écoute à 100 à l'heure mais ne tombe jamais dans la lourdeur malgré certaines dissonances qui ne gâchent rien.

Si ce n'est pas un des albums de l'année, ça y ressemble méchamment.

Les liens intéressants:

Le site officiel :
http://www.pterodactyl.info/
Sur MySpace :
www.myspace.com/pterodactyl

La vidéo de Polio :



vendredi 27 juillet 2007

Pelican - City Of Echoes

La loi du silence

Pelican est un quatuor de Chicago dont le troisième album, City Of Echoes, vient de sortir chez Hydra Head. La discographie compte également deux EP et un DVD live. Nourri au sein par des déménageurs aussi délicats que les Melvins, Pelican pratique un rock brutal, frontal mais strictement instrumental. Pas la peine de chercher : vous n'y entendrez pas la moindre vibration de corde vocale. Les quatre gars de Pelican préfèrent rester muets comme des carpes et se concentrer sur leurs instruments... qu'ils maltraitent avec joie. Le son se veut gras, lourd et puissant. Les références renvoient inévitablement à Isis, mais également à des formations post-rock telles que Mono ou Explosions In The Sky.
Ce troisième album s'ouvre sur Bliss In Concrete, morceau qui ravivera de nombreux souvenirs aux chanceux qui ont déjà pu découvrir Pelican sur scène et qui ont compris depuis que, même équipé des meilleures boules Quies, on pouvait toujours percevoir des infrabasses avec les genoux. Prétextant une intro plus "civilisée", les instruments rageurs de Pelican nous plongent progressivement dans un univers chaotique et dérangé. Au fil des notes, la batterie se révèle de plus en plus oppressante alors que la basse creuse profondément et méthodiquement votre dernière demeure. 5 minutes et 30 secondes plus tard, nous voici arrivés au bout de cette première épreuve, transpirants et décoiffés. Quel coffre ! Suit le titre City Of Echoes, qui distribue également quelques claques mais s'avère sur la longueur plus mélodique et moins sismique que la plage d'intro. L'impression de calme (tout relatif quand il s'agit de Pelican !) se confirme avec Spaceship Broken-Parts Needed qui démarre tout en douceur, avant, à son tour, de céder sous les coups de boutoirs d'un batteur décidément bien énervé.

Mais la surprise du chef vient surtout de Winds With Hands qui met en scène des guitares... acoustiques. Le calme avant la tempête car, sur le titre suivant, le bien nommé Dead Between The Walls, Pelican sort l'artillerie lourde et prend directement l'auditeur à la gorge avec un riff de guitare époustouflant, martelé avec une violente détermination. Ce morceau est sans doute le plus intriguant de l'album : à mi-parcours, le son digne d'une douzaine de tronçonneuses cède la place à des arpèges aériens avant de ressombrer dans un fracas d'accords durs et répétitifs.

La suite de l'album rappelle que Pelican est friand de structures imprévisibles et de retournements en tous genres. Pour preuve la plage finale, intitulée A Delicate Sense of Balance, d'une étrange douceur, comme pour s'excuser auprès de l'auditeur pour les sévices administrés en cours de séance.
City Of Echoes est à ce jour l'album le plus varié de Pelican, et sans doute le plus ouvert, pour autant qu'on puisse parler d'ouverture quand il s'agit d'un style aussi radical. Habitué à pulvériser les baffles sur ses essais précédents, le quatuor démontre ici une vraie habileté à emprunter des chemins tortueux avant d'entraîner ses compositions dans des paysages noirs et terrifiants. Parfois insaisissable (la plage d'ouverture est un vrai labyrinthe), ce troisième album démontre pourtant qu'il est possible de frapper fort tout en conservant un format acceptable (8 morceaux pour moins de 45 minutes, alors que le post-rock n'hésite jamais à dépasser allègrement les 10 minutes pour un seul morceau).
Bien lire la notice avant l'écoute.



Les liens intéressants :
Le site officiel : http://www.hydrahead.org/hh/pelican_site/ (avec l'album en streaming)

Un extrait vidéo live de "Bliss In Concrete" :



jeudi 26 juillet 2007

Le coup de crayon : In Vino Veritas



Il faudra qu'on nous explique un jour pourquoi les coureurs cyclistes se dopent encore. C'est devenu le sport le plus suspect, le plus surveillé et le plus décrié. Sur le Tour de France en particulier, on sait que la moindre accélération en montagne éveillera la méfiance. Souvent à juste titre d'ailleurs, quand on constate que sur une ascension à 8 ou 9 %, certains grimpeurs sont parfois gênés dans leurs attaques par la moto. Il faudra bientôt filer des anabolisants aux motards pour pouvoir suivre les "sportifs". Mais qu'est-ce qui pousse encore un Vinokourov à jouer avec des poches de sang alors qu'il sait qu'il aura 101 % de risques de se faire choper ? J'avoue que ça me dépasse.
Un petit conseil à Messieurs Vinokourov et Rasmussen : achetez-vous une raquette et mettez-vous au tennis. Voilà un sport propre ! Prenez Wimbledon cette année : lors de la dernière semaine, les joueurs ont livré pratiquement un match par jour. Suspect ? Qui a entendu parler de dopage à Wimbledon ? Comme le disait mon prof de religion autrefois : "Il n'est pas interdit de tricher ; il est interdit de se faire pincer." Reste à voir si la volonté de coincer les tricheurs est la même partout.

Retrouvez l'ensemble des dessins de Mabi sur son site officiel : www.lesitedemabi.eu

Du neuf : le coup de crayon

A partir d'aujourd'hui, nous inaugurons une nouvelle rubrique sur ce blog : le dessin de la semaine de Mabi. Les plus fidèles se souviendront sans doute des quelques caricatures qui avaient déjà été publiées ici-même. Après discussion avec l'auteur des cartoons, nous sommes naturellement arrivés à la conclusion que cette collaboration pouvait devenir plus régulière. Désormais donc, chaque semaine, Mabi croquera un thème d'actualité de son choix pour New Kicks On The Blog. L'objectif est double : d'une part, permettre à un jeune caricaturiste de faire découvrir ses dessins à un autre public et, d'autre part, diversifier le contenu de ce site.


Est-ce que ça signifie qu'il y aura moins de chroniques musicales, ce qui était au départ le noyau principal de ce blog ? Bien sûr que non. C'est vrai que dernièrement, les chroniques de CD ont été un peu mises en veilleuse, mais c'était pour la bonne et simple raison que je suis pour l'instant occupé à faire des travaux chez moi. J'ai donc un peu moins de temps à consacrer à la rédaction des chroniques. Mais dès la semaine prochaine, je reviendrai avec plein de nouveautés. Voici le menu pour patienter :


- Pterodactyl : Blue Jay
Un déluge de guitares et de l'énergie à revendre par cuves entières.


- Pelican : City Of Echoes
Une déflagration instrumentale capable de fissurer les murs d'un bunker russe.


- Klima : Klima
Une chanteuse à la voix de miel qui double Nouvelle Vague dans le dernier col.


- Digitalism : Idealism
Des beats gros comme des maisons pour nous lancer un pogo sur la piste.


- 65DaysOfStatic : The Destruction Of Small Ideas
Peut-on sauver le post-rock avec une boîte à rythme ?

mardi 24 juillet 2007

Les live de Nulle Part Ailleurs - épisode 04

Tricky - The moment I feared (1998)

Quatrième épisode déjà de notre feuilleton de l'été consacré aux meilleures performances live données dans le cadre de l'émission Nulle Part Ailleurs. Cette fois, je vous ai sélectionné l'insaisissable Tricky dans une interprétation énergique de The Moment I feared en 1998.
Pour les afficionados de Tricky, sâchez qu'il travaille actuellement à la production d'autres artistes son propre label Brown Punk. Des rumeurs font état d'un possible nouvel album dans le courant de l'année, mais aucune confirmation officielle n'est à épingler à ce jour.

Désolé pour le petit contre-temps : la vidéo a mystérieusement disparu de DailyMotion. J'ai dû aller la récupérer sur YouTube.




Les liens intéressants :

Le site officiel de Tricky :
http://www.trickyonline.com/
Le site du label Brown Punk :
http://www.brownpunk.tv/
Brown Punk sur MySpace :
http://www.myspace.com/brownpunkthelabel

vendredi 20 juillet 2007

Communiqué de la SABAM à propos du P2P en Belgique

La chasse est ouverte

Voici un communiqué qui date du 16 juillet et qui confirme que la Belgique se lance à son tour dans la chasse au téléchargement illégal de musique. A bon etendeur...

***

La SABAM adresse un courrier aux principaux fournisseurs d'accès belges et à l'ISPA

La Société Belge des Auteurs, Compositeurs et Editeurs (SABAM) confirme l'information parue dans un quotidien belge le 14 juillet 2007 relative à l'envoi d'un courrier par la SABAM aux fournisseurs d'accès à l'internet " Belgacom " et " Telenet " ainsi qu'à l'organisation regroupant tous les fournisseurs d'accès à l'internet en Belgique (ISPA). Ce courrier attire l'attention sur la décision judiciaire dans le dossier opposant la SABAM au fournisseur d'accès TISCALI, devenu SCARLET, et condamnant ce dernier à " empêcher l'envoi ou la réception, au moyen d'un logiciel " peer-to-peer ", de fichiers non autorisés reprenant une œuvre musicale du répertoire de la SABAM ". La SABAM souhaite en outre vérifier - avant d'engager une procédure judiciaire visant à voir imposer cette décision à tous les autres fournisseurs d'accès belges sous peine d'astreinte - si ces derniers sont disposés à négocier un accord aux termes duquel ils s'engageraient à se conformer à la décision sur une base volontaire. Dans ce contexte, la SABAM entend mettre une fois encore l'accent sur un des dispositifs repris dans le jugement du tribunal de première instance de Bruxelles du 29 juin 2007, à savoir que les solutions de blocage ou de filtrage ne portent en rien atteinte à la vie privée des utilisateurs du net. Dans le cadre d'un accord éventuel, il appartiendrait aux fournisseurs de communiquer rapidement à la SABAM les informations relatives au dispositif spécifique que chacun d'entre eux s'engagerait à mettre en place. La SABAM estime à cet égard " qu'en tant que professionnels du secteur, les fournisseurs d'accès sont bien placés pour sélectionner le dispositif le plus adéquat en fonction de leur environnement informatique et au regard du but recherché ". La SABAM rappelle qu'il est possible à tout internaute belge d'écouter, de télécharger et de graver en toute légalité et en toute sécurité - moyennant paiement aux artistes - sa musique préférée sur le net.

Renseignements:
Thierry DACHELET
Directeur de la Communication
Rue d'Arlon, 75-77
B-1040 Bruxelles
GSM: +32 (0) 475/71.86.92
E-Mail: thierry.dachelet@sabam.be
http://www.sabam.be/

Le liens intéressants pour alimenter le débat:

Un dossier très complet sur le site Droit & Technologies : http://www.droit-technologie.org/upload/dossier/doc/130-1.pdf
Un article de la Libre Belgique : http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=190544