samedi 28 juin 2014

Willy Cabourdin & OMSQ : "Rectification du Formulaire de Prières des Enfants de Marie. Phase 005."


Au commencement était l’attirance.
Willy Cabourdin n’est pas croyant. Il est par contre obsessionnel. Lorsqu’il a mis la main sur ce Formulaire de prières des enfants de Marie, il a d’abord été attiré par l’objet et instinctivement mû par le désir de le posséder.

Ensuite vint le verbe.
Bien sûr, en bon artiste, Willy ne s’est pas contenté d’acquérir l’objet et de le feuilleter distraitement comme l’aurait fait le commun des mortels. Ce désir de possession fit place à un besoin d’appropriation: l’envie irrépressible d’imprimer sa lecture impie à coups de feutre, tel un palimpseste moderne fait de mots et de figures géométriques.

Puis les techniques modernes.
En noircissant ces pages, nuit après nuit, à la recherche de “con” et “Jésus-Christ”, Willy a-t-il rencontré Dieu? Nul ne le sait, même pas lui. Il a par contre trouvé l’inspiration (divine?) qui allait nourrir son obsession et donner naissance à une phase 2, 3... Ainsi sa réécriture du formulaire de prières fut le déclencheur d’une autre vérité, photographiée et recomposée selon différents procédés caractéristiques du travail de l’artiste.

Désireux d’aller toujours plus loin dans sa démarche, Willy a ensuite créé un montage vidéo à partir de ces tirages, apportant un autre éclairage à son travail, mis en musique par OMSQ. Avec l’aimable participation de Dante. La vérité, la vraie, la seule, c’est que Willy Cabourdin aime mixer les techniques, transformer, réinterpréter, brouiller les pistes, superposer les lectures, et aller au bout de ses obsessions, phase après phase.

 

mercredi 4 décembre 2013

Marteleur - My Anvil is my Tuning Fork


Autant jouer franc jeu : à la base, je ne suis vraiment pas fan des albums construits autour de loops, cette technique qui consiste à enregistrer des parties de guitare et à les superposer pour en sortir une mélodie. Pourquoi je ne suis pas fan ? D'une part, parce que les rares fois où j'ai assisté à ce genre de prestation scénique (Lichens, Phosphorescent, etc.), je me suis profondément emmerdé. De l'autre, parce que je possède moi-même un looper et que j'ai rapidement pu constater qu'il est très simple de laisser la machine faire le boulot à votre place et donner ainsi l'impression aux novices d'être des virtuoses.

Deuxième aveu avant d'aller plus loin : Marteleur est un pote. Et son disque est une des premières publications de Navalorama Records, label fondé par un autre pote. Voilà qui situe l'ampleur du malaise lorsqu'il me file un exemplaire à la fin de l'été. Ne pas le chroniquer serait d'une goujaterie incommensurable. Et l'encenser sans y croire serait une trahison crasse de mes propres principes.

A moitié motivé, je glisse donc la plaque sur le tourne-disque pour une première écoute distraite qui me conforte dans mes convictions : cette musique n'est peut-être pas faite pour moi. Pour en avoir le coeur net, je m'impose alors une deuxième écoute, au casque cette fois, au cours d'une des nombreuses balades pédestres qui font office de sas de décompression pour mon esprit souvent embouteillé. Et là, surprise : derrière ces boucles où s'entrecroisent la basse et la guitare baryton, il y a autre chose que l'algorithme d'une machine qui se contente d'empiler bêtement les riffs. La recherche mélodique est évidente et dépasse largement l'écueil habituel de ce genre de compositions qui se limitent trop souvent à "Ecoutez, je connais mes gammes."

Toujours en train d'avaler les trottoirs, le casque solidement vissé sur mes feuilles de chou, je déguste donc ces 9 morceaux plutôt courts (on oscille en moyenne autour des 4 minutes, avec des pointes qui dépassent de justesse les 7 minutes) qui commencent à susciter un peu plus que de la curiosité. Lorsque résonnent les premières notes de la cinquième chanson "Where Everybody is Happy by Default", je sens que mes jambes passent en pilote automatique car la tête n'y est plus. Elle s'est paumée ailleurs, quelque part entre deux splendides arpèges. Si l'objectif de la marche était l'évasion, le choix de la bande son frôle la perfection. Impression largement confirmée par le morceau suivant, ironiquement baptisé "If God Dropped Acid, Would He See People?"et qui s'ouvre sur un climat beaucoup plus sombre et tendu, avant de relâcher la pression sur un nouvel arpège que n'aurait pas renié Joe Haege de 31knots.

Merde, je commence à mordre à l'hameçon.

Pan, le morceau suivant en remet une pelletée. Au départ d'une suite d'accords a priori anodins, je me retrouve projeté dans un climax d'harmonies qui frappe beaucoup plus rapidement que prévu. Pourquoi s'étaler pendant des siècles si on peut reproduire le même effet en jouant la carte de l'immédiateté ? Je vous le demande. A peine installé, le frisson retombe aussi vite qu'il est apparu pour se diluer dans une descente finale qui laisse à bout de souffle après à peine... 3 minutes et 30 secondes. Là où Mogwai aurait étiré les trois premières notes sur un bon quart d'heure cher payé, Marteleur décide de prendre le mouvement à contre-pied. Les compositions post-rock ont trop souvent misé sur l'indigestion, voire l'overdose.

- Tu aimes ce pinard ? On va t'en mettre dix caisses de douze bouteilles alors. Amène ta bagnole, ouvre le coffre et rabaisse la banquette arrière, je vais chercher le transpalettes.

Avec Marteleur, c'est l'effet inverse.

- Tu aimes ce pinard ? C'est con, c'était ma dernière bouteille.

Je reste persuadé qu'on savoure mieux en dosant les plaisirs, plutôt qu'en s'anesthésiant le palais - tout en se disloquant le coude. Je crois fermement qu'on en profite plus si on laisse les sens faire eux-mêmes le travail. J'ai connu des rhums qui dansaient sur la langue pendant encore deux bonnes heures après avoir vidé la dernière goutte du premier verre. Sensation impossible à reproduire si on siffle la moitié de la bouteille. Pour le dire autrement, au lieu de miser sur la surenchère, Marteleur préfère tabler sur la privation et la frustration. A l'auditeur de reconstruire son propre tableau sur la base des éléments fournis dans l'album. Le plaisir lié à la musique est intimement lié à la mémoire, paraît-il. Ce que font trop souvent les artistes qui jouent sur les loops, et a fortiori 99,99% de la scène post-rock, c'est de mettre en veille la mémoire de l'auditeur en répétant les mêmes phrases encore et encore. Le cerveau n'a alors plus aucun travail à fournir : il emmagasine bêtement l'information, passif. Or, comme le travail de mémorisation est central dans le plaisir que procure la musique, il faut justement savoir se montrer parcimonieux et ne pas en donner trop à l'auditeur. Car c'est précisément la stimulation des sens qui peut être jouissive à l'écoute d'une riche mélodie. Un bon exemple, c'est la chanson Captain Midnight de Tomahawk (même si ça n'a rien à voir avec le post-rock, mais c'est le premier titre qui me vient à l'esprit) :




Le refrain est imparable, il trotte dans la tête, il est chantant, il est juste parfait... mais tu ne l'entendras qu'une fois, parce qu'après le deuxième couplet, il ne reviendra plus. Alors que le morceau prépare l'avènement d'un deuxième refrain, il s'arrête brusquement. Privation, parcimonie, frustration. Effet 100% garanti.

Avec ce deuxième album de Marteleur, on retrouve les mêmes sensations : l'envie de réécouter pour s'assurer qu'on a bien compris... alors qu'il n'y a rien à comprendre. Juste se construire sa propre histoire et laisser la mémoire faire son travail.

Je suis donc forcé de revoir mon jugement sur les compositions basées sur des boucles. Voilà qui fait mes affaires puisque ça m'évite de tomber dans l'hypocrisie. Je n'écrirais pas que l'album de Marteleur est un grand disque si je n'en étais pas moi-même intimement persuadé, mais c'est un fait :

L'ALBUM DE MARTELEUR EST UN GRAND DISQUE

A prendre avec patience.
A écouter dans des circonstances variées pour lui trouver celle qui lui convient le mieux.
A se repasser tantôt distraitement, tantôt avec plus d'attention.

Signe qui ne trompe pas : les dates de concert s'enchaînent, preuve que la formule passe également sur scène. Ce n'est pourtant pas gagné d'avance quand on joue une musique aussi contemplative. Petit détail qui fait la différence : quand on joue du looper, il arrive que le climat prenne quelques secondes pour s'installer. Normal quoi... Sur scène, pendant ces brefs instants de flottement, j'ai vu des tas de fumistes faire semblant de jouer pour ne pas devoir assumer leur soudaine inutilité sur scène, alors que la machine prenait le relai sur quelques mesures.

Marteleur n'échappe pas à la règle. Mais, lui, il s'en fout. Quand c'est au tour de la machine de faire son travail, il pose sa gratte et il boit une bière. Respect.

Dernier détail : je t'ai dit que l'album était disponible en vinyle et en écoute intégrale sur le Bandcamp? Voilà, c'est fait. D'ailleurs, tu ferais bien de t'intéresser au vinyle. Tu as vu cet artwork de fou?




Les liens :

Marteleur sur Bandcamp.
Marteleur sur Facebook.
Marteleur sur YouTube.
Marteleur sur Navalorama Records.
Commander le disque chez Mandaï.


       



lundi 23 septembre 2013

Vidéos : OMSQ live in UK

Ça, c’est fait. Les deux premières dates de OMSQ à l'étranger, en l'occurrence en Angleterre, sont derrière nous. C'est le résultat d'énormément de boulot, souvent frustrant (plus de 280 emails envoyés à des promoteurs locaux, pubs, salles de concert, etc.) mais tellement jouissif quand la réponse positive tombe enfin. Il faut préciser que le principe de "pay to play" est malheureusement largement d'application outre-Manche. Le concept est aussi simple que destructeur pour des groupes de notre calibre : "Si tu veux jouer chez nous, pas de problème. Mais tu devras d'abord acheter 30 billets à 6£/pièce pour ton propre concert. Libre à toi de les revendre au prix de ton choix. Si tu n'es pas capable d'amener 30 personnes, alors c'est mieux de chercher ailleurs." Lire entre les lignes : on veut bien vous programmer mais on ne prendra aucun risque. Ce principe ferme de facto la porte à la plupart des groupes étrangers de notre trempe.

Au final donc, une micro-tournée plus qualitative que quantitative, qui - malgré nous - nous a évité d'écumer des pubs sales et à moitié vides pour nous concentrer sur deux prestations dans des endroits exceptionnels.




D'abord le MalcFest, à Charing, dans le Kent. Initialement imaginé comme la grande fête d'anniversaire de Malcolm Gayner, le batteur de Djevara, l'événement s'est au fil des années muté en un festival qui rassemble toutes les rencontres musicales que Malcolm a pu nouer lors de ses nombreuses tournées. Un vieux pub façon auberge des chasseurs, paumé au milieu de nulle part et entouré de prairies, plusieurs scènes sous tente. Festival entièrement gratuit, plus de 60 groupes à l'affiche sur trois jours, venus des quatre coins de l'Europe. Camping sauvage, barbecue à l'arrache, happenings un peu partout... le vrai festival DIY où les gens viennent s'en mettre plein les oreilles, dans des styles aussi variés que le hardcore, le punk rock, la power pop, le folk traditionnel, l'electro garage, le blues, etc.

Nous étions programmés le vendredi, à 14h40, dans la Green Tent. Tente cosy, on s'y amasse à 20, peut-être 30 en se serrant et en comptant les musiciens et leurs instruments. D'autant que dehors, il flotte comme vache qui pisse. Idéal pour balancer un set de 45 minutes, sur une sono de fortune. Les amplis ne sont pas repiqués, on se contente de balancer les samples en façade, ce qui ne les empêche pas de saturer. Le concert n'est certainement pas notre meilleur, mais la proximité sous cette tente pas tout à fait étanche a aidé à créer une vraie symbiose avec un public apparemment assez heureux de se faire détruire les oreilles. C'est comme si on jouait en famille, autour d'un feu ouvert, dans notre salon.



Sur la suite du festival, on a pu découvrir des tas d'artistes intéressants. Le duo punk-noise Lamo, le doom épique des vétérans de Khthon, la virtuosité acoustique de Tener Duende, la prestation electro-trash de l'incroyable Leevil, etc.

Le lendemain, direction Camden, à Londres, pour jouer dans une salle qui traîne derrière elle une solide réputation : The Underworld. Au MalcFest, tout le monde semblait admiratif à l'idée qu'on se produise dans cet endroit, présenté comme l'eldorado pour toute une scène qui pratique un rock lourd, du stoner au metal le plus extrême. Quelques semaines avant nous, Carcass s'y était produit. Dans le couloir qui mène au bar, quelques photos de nos illustres prédécesseurs : Josh Homme, Max Cavalera, Dave Grohl... On n'est pas là pour rigoler.

Ce jour-là, nous sommes à l'affiche d'un "All Dayer" baptisé "Ouch My Generator", ces concerts qui s'étalent sur toute une après-midi. 10 groupes à l'affiche, nous avons l'honneur de passer en quatrième position et d'être le seul groupe étranger programmé ce jour-là. En tête d'affiche, une référence sur la scène prog-sludge britannique : Humanfly, un groupe de Leeds qui tournait encore cette année avec Bongripper et Conan. Excusez du peu. Parmi les autres, on retrouve le screamo de Palehorse, le post-rock de Solaris, le sludge de Nomad, l'emocore de Sumer, l'afro-punk de Vodun...



Les conditions sont ultra strictes : 30 minutes par concert. Entre chaque concert, un battement de 15 minutes pour permettre au groupe précédent de démonter... pendant que le suivant s'installe. Un stage manager s'assure du respect du planning, chronomètre à la main. Juste avant nous, Solaris se fait couper la chique au bout des 30 minutes prévues : alors qu'ils entament un dernier morceau, l'ingé-son coupe les micros, rallume la scène et envoie un cd. On ne rigole pas avec l'horaire à l'Underworld.

Nous voilà donc sur scène, avec 15 minutes pour monter notre brol, sachant que la veille, au MalcFest, on a mis 1h15 pour finaliser le soundcheck... Ce n'était pas gagné. Lorsque le stage manager annonce qu'il nous reste 4 minutes, je suis encore en train de brancher mes pédales. A 2 minutes, j'accorde ma guitare. Et quand tout s'éteint et que Ludo, notre bassiste, soupire "Bon, on y va...", on n'a tout simplement pas fait de soundcheck.

On balance la sauce, aveuglés par des spots qui ne nous laissent entrevoir que le premier rang. Première bonne surprise : le son est excellent. Il faut dire que l'Underworld laisse peu de place au hasard. Trois personnes qui s'occupent du son, on n'avait encore jamais eu droit à ça avec OMSQ.

Evoquons brièvement les ennuis techniques du premier morceau : Ksa, l'autre guitariste, pète une corde après une minute de concert à peine, a laissé sa 2e guitare en backstage, se précipite sur ma guitare de secours mais ne m'entend pas quand je lui crie qu'elle n'est pas accordée. Il se rebranche, constate que rien ne sonne et quitte la scène, nous laissant terminer ce premier morceau à trois.

Ce set commençait de la pire des façons. Pas le temps de tergiverser. On a 30 minutes pour jouer. On a roulé des heures et des heures pour arriver jusqu'ici, ça nous a coûté un bras en ferry, en carburant, en parking. Pas question de se dégonfler.

Fin du premier morceau, le public ne semble pas nous tenir rigueur de cet incident. Ksa réapparait sur scène, plus furieux que jamais. C'est bon signe. Pied au plancher, on envoie un set serré, plus compact qu'à l'accoutumée, préparé spécialement pour l'occasion. Les morceaux défilent et, malheureusement, au bout de quatre titres, les 30 minutes sont déjà écoulées, alors que nous devons encore aborder notre final. Un bref regard à Patrice, l'organisatrice de l'événement, qui ne quitte pas le premier rang. Elle répond de continuer. Nous aurons été les seuls ce soir-là à déborder sur l'horaire prévu.

Sortis de scène, on sympathise avec les autres groupes à l'affiche ce jour-là. On entend des choses qu'on n'avait pas eu l'habitude d'entendre. Un gars nous compare à Cult of Luna, l'organisatrice nous demande de lui dédicacer un disque. Apparemment, on a marqué un grand coup. Jouer sans réfléchir, la rage au ventre, semble nous réussir.



On prend des contacts avec plein de gens. C'était le but premier de cette très brève tournée anglaise. Rencontrer, discuter, jouer, convaincre, préparer l'avenir. On reviendra en Angleterre, c'est certain. Et sans doute à l'Underworld.

En attendant, il est temps de redescendre, d'expulser cette tension ressentie sur scène. Il est temps de se bourrer la gueule. On reprendra la route le lendemain. Et on reviendra en Angleterre en 2014.

On a filé des badges et des stickers à tous ceux qu'on a rencontrés. Même aux chiottes. Même à la pizzeria. Et même aux chiottes de la pizzeria. Histoire de laisser une trace de notre premier passage en Angleterre. Histoire qu'ils ne nous oublient pas.



Les liens

Les photos du périple anglais par Séverine Bailleux
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mardi 3 septembre 2013

Un nouvel EP pour les Pixies


Les Pixies viennent de sortir un nouvel EP de quatre titres, qui peut être téléchargé directement depuis le site www.pixiesmusic.com.

Les collectionneurs se précipiteront sur le package qui comprend l'EP en vinyle 10 pouces, limité à 5.000 exemplaires, ainsi qu'un tshirt inédit pour la modique somme de... 36 euros, hors frais de port (entre 6 et 12 euros supplémentaires, selon la méthode choisie). Le vinyle seul vous coûtera 18 euros.

Les plus dubitatifs se contenteront du téléchargement seul, facturé 4 euros.

L'EP se décline à travers 4 titres :

"Andro Queen" n'annonce rien de bon. Mélodie synthétique fade, voix mièvre (ne me dites pas que c'est un Vocoder ???), tempo anémique. Je me réjouis d'atteindre rapidement les 3'24 de cette mise en bouche pour passer à autre chose. J'imagine que ceux qui préfèrent le côté "Where is my mind" y trouveront leur compte. Pour ma part, j'ai toujours eu un penchant pour les pièces plus caustiques, façon "Mr Grieves", "Gouge Away" ou "Alec Eiffel".

Sur "Another Toe", le groupe redresse légèrement la barre. Sans t'exploser au visage, on retrouve déjà un son plus mordant, moins aérien. On reste toutefois loin de la fureur qui a pu caractériser les Pixies d'autrefois. Le registre exploré ici rappelle plutôt la période Frank Black and The Catholics. Ce n'est pas ce qu'il a fait de pire en solo, mais ça n'a jamais tutoyé les sommets de l'époque où on se prenait des coups de boules en gueulant sur "Isla de Encanta". On navigue ici plutôt sur les eaux rassurantes d'un rock FM qui tiendrait tout à fait sa place dans une émission matinale de Classic 21.

A l'inverse des deux premiers morceaux, "Indie Cindy" m'a directement convaincu, avec son alternance de sons plus agressifs et de refrains poppy. La guitare tranche enfin, avec ce jeu inspiré du surf rock californien auquel Frank Black excelle pour ajouter une bonne couche de crasse. On retrouve enfin ses repères, même si l'explosion ultime se fait encore attendre. Je frémis en devinant un vers tel que "You put the cock in cocktail" suivi d'un fallacieux "I'm in love with your daughter".

Pour la réelle déflagration, il faudra patienter jusqu'à "What Goes Boom", dernier titre (déjà ?) d'un EP qui, en quatre titres, tente le pari impossible de réconcilier toutes les facettes des Pixies, de la plus pop à la plus violente. "What Goes Boom" s'aventure du côté des saturations, la batterie frappe plus fort, le chant se veut plus saccadé et c'est ça que j'attendais des Pixies. Dommage qu'on s'arrête en si bon chemin.

Les Pixies sont-ils définitivement (et surtout musicalement) de retour ? Après une très lucrative reformation qui a vu le groupe étrenner toutes les scènes du monde pour le meilleur (la tournée de 2004) et le pire (le scandaleux Doolittle Tour en 2009), il faudra sans doute patienter encore un peu pour affirmer que les Pixies sont mus par autre chose que leur compte en banque. Ce nouvel EP se révèle intéressant et trace les pistes d'un futur album, sans toutefois oser le parti pris. Un peu trop consensuel à mon goût, ça sent surtout le ballon d'essai avant un éventuel nouvel album.

Impression confirmée quelques semaines après la sortie du single Bagboy, qui emprunte lui aussi une autre voie, que je trouvais personnellement plus imaginative, sans être subjugué pour autant.

 

lundi 19 août 2013

Vidéo : OMSQ live au DNA. Bruxelles, 4 juillet 2013.

Je pourrais écrire beaucoup de choses sur notre concert au DNA du 4 juillet dernier. Sur l'accueil inexistant de l'équipe de ce bar qui (sur)vit sur sa réputation passée. Ou sur le fait qu'on attend toujours le moindre merci (qui n'est pas obligé d'être sincère) pour avoir joué gratuitement ce soir-là. Et accessoirement contribué à faire tourner le bar une bonne partie de la nuit avec nos potes assoiffés, rameutés par dizaines.

En fait, je serais bien incapable de dire qui tient la baraque là-bas. Puisque personne ne m'y a adressé la parole, ni à moi, ni aux autres membres du groupe, hormis un ingé son qui ne faisait rien d'autre que son boulot.

A part ça... Pas un mot. Pas un bonjour, pas un au revoir, pas un merci, même pas un "c'était cool, les gars" (qui n'était pas obligé d'être sincère non plus) au moment de descendre de scène, après 45 minutes passées à bastonner la sono. Pas un mot, j'exagère peut-être. Il y en a bien eu quatre : "Trois euros quatre-vingts". C'est le prix pour avoir osé me présenter au bar et demander les 2 bières qui m'accompagnent habituellement sur scène au moment d'entamer notre concert. Soyons de bonne facture. Surtout qu'au cours des 2 heures écoulées entre notre arrivée et le début du concert, j'avais déjà liquidé mes trois généreux tickets boisson. Soiffard que je suis.

On excusera le barman en se souvenant que, vu qu'il n'avait pas cru bon de se présenter au moment où nous déchargions le matériel, il ignorait peut-être que je faisais partie des musiciens. On mettra l'indélicatesse sur le compte de la timidité.

Souvenir étrange de ce concert qui n'était pas censé rester gravé dans nos courtes mémoires, on vient de trouver sur Youtube une capture vidéo intégrale de l'événement. L'image vaut ce qu'elle vaut, elle est d'ailleurs parfois en léger décalage par rapport à la bande son. Mais voilà qui te donnera une petite idée de ce que peut donner OMSQ sur une scène. Et c'était de loin notre moins bon concert à ce jour.

On attaquera de nouveau la scène dès septembre, avec deux dates en Angleterre, puis une date à La Louvière. Il paraît que les Anglais sont plutôt des bavards. Et les Louviérois n'ont pas la réputation d'avoir leur langue en poche non plus. Tant mieux. La timidité feinte m'agace.

Prochains concerts :

- 6 septembre au MalcFest à Ashford
- 7 septembre à The Underworld, à Camden
- 18 octobre à La Taverne du Théâtre, à La Louvière

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vendredi 16 août 2013

Ice Dragon - Born a Heavy Morning

Bonne nouvelle pour la rentrée : mon pote Crunch lance son propre label indépendant, Navalorama Records. Deux sorties sont déjà à signaler dès septembre : le deuxième album de Marteleur, le side-project du bassiste de Mute et le (on ne les compte plus) nouvel album de Ice Dragon, figure emblématique du doom psychédélique en provenance de Boston.

Connaissant l'ami Crunch, on peut déjà parier sur une sélection rigoureuse d'artistes un peu écorchés, underground juste comme il faut, et un artwork particulièrement soigné.

L'album Born a Heavy Morning s'écoute déjà en intégralité sur BandCamp.
Précommandes en cliquant sur l'image ci-dessous.


Les liens

Navalorama Records
Marteleur
Ice Dragon