vendredi 29 juin 2007

Editors - An end has a start


Une fin qu'on espère proche

Est-il possible d'avaler une plume de coq sans s'étouffer ? La question mérité réflexions et débats et je ne suis pas sûr qu'un consensus se dégage facilement. Par contre, ce qui est certain, c'est qu'il est humainement impossible d'écouter le deuxième album d'Editors jusq'au bout sans plonger dans un état catatonique irréversible.
Souvenez-vous : en 2005, Editors récoltait les éloges médiatiques avec The Black Room, album à l'originalité pourtant peu affirmée mais qui contenait quelques titres corrects comme Lights ou All Sparks. Comme tous les groupes branchés de l'époque, ça pompait sévèrement dans tout le répertoire no wave des années 80, Ian Curtis s'étant tellement retourné dans sa tombe qu'il en attrapa un tour de reins. C'est surtout sur scène que le groupe dégage, paraît-il, une énergie enthousiasmante... ce que je ne suis pas en mesure de confirmer (ou d'infirmer).
Deux ans plus tard, alors qu'on en avait presque oublié l'existence, Editors revient avec An end has a start, titre qu'on voudrait prémonitoire tant ce deuxième album se révèle bourré de clichés pourtant censés s'estomper après 5 ou 6 shampoings. La honte... On connaissait la tendance des groupes hype du moment à piller l'héritage de Cure et de Joy Division. Mais quand de surcroît, ils se copient entre eux, on obtient une caricature de caricature qui rappelle que moins par moins ne donne pas forcément plus. Copier l'original peut encore passer sur un malentendu, mais copier la copie, ça donne An end has a start, testament de médiocrité et d'indigence artistiques. Editors pousse le bouchon tellement loin qu'il ose même conclure cette deuxième galette sur la ballade Well Worn Hand, qui sent suffisamment le pipi pour pouvoir viser un podium au prochain concours Eurovision de la chanson. A écouter par curiosité, mais le ventre vite, au risque de vomir ses frites sur le nouveau polo acheté aux soldes.



Les liens (intéressants):

Le site officiel : www.editorsofficial.com/
Sur MySpace : http://www.myspace.com/editorsmusic

2 commentaires:

JACQ a dit…

Je suis en train de dénombrer le nombre de chroniques allant dans ton sens, et celles encensant le dernier opus d'Editors. En tant que fan de "An end has a start", je suis ravi de constater que les deuxièmes l'emportent sur les premières... Néanmoins je ne suis pas déçu de constater que cet album ne rentre pas dans un consensus destructeur.
Je ne te conseille pas qui plus est d'aller les voir sur scène, car le mimétisme avec Joy Division que tu dénonces ainsi que nombre de chroniqueurs ( c'est incroyable, à croire que vous vous êtes tous passé le mot, ou alors est-ce simplement une vaine tentative pour nous éclabousser de votre culture musicale hors normes...)est d'autant plus présent, et ce en via la gestuelle caractéristique de Tom Smith.
Pour en revenir avec ce parallèle joy divisionnien, je crois que je ne le comprendrais jamais:
A chaque écoute de "unknow pleasures" ou " Closer", j'ai plus envie de me tirer une balle qu'autre chose. Je l'écoutes d'ailleurs seul pour éviter les colibets de quelques amis, que le côté glauque et froid de Joy Division rebute. Bref, quand j'écoute Editors, je retrouve certes une légère affiliation, mais de là à parler de pillage, je suis plus que circonspect. J'ai connu Joy Division après Editors, et j'avoue avoir été déçu. Ce n'est pas la même musique, en tous cas à mon sens. A croire que mes cages à miel sont embourbés de ce précieux nectar...

nkotb a dit…

Honnêtement, j'aimerais qu'un fan de cet album m'explique ce qu'il y trouve de si excitant. Aucun des arguments que j'ai pu lire jusqu'à présent ne m'a convaincu, mais je suis vraiment curieux qu'un vrai fan m'exlique ce qu'il ressent à l'écoute de ce disque.

Et pitié, ça ne sert pas à grand chose de compter les points entre chroniques positives et négatives. Je suis assez insensible à ce genre de calcul. Comme l'écrivait Marc Moulin dans une chronique cette semaine encore : "Mille zillions de mouches ne peuvent pas se tromper : mangez de la merde"