lundi 7 avril 2008

Jonny Greenwood – There will be blood

Je pense que c’est la première fois aujourd’hui que je vais m’épancher sur une bande originale de film. Ce n’est pas que je n’aime pas ça. Au contraire, des BO, j’en ai plein mes armoires. C’est juste que je ne vais pratiquement plus jamais au cinéma. Je trouve le concept même de cinéma totalement dépassé. Argument principal : l’addition. J’ai beaucoup de mal à me résoudre à lâcher 8 ou 9 euros pour une expérience qui dure deux heures, dont quinze minutes de pub, et qui comporte un risque élevé de se retrouver assis à côté d’un âne qui s’empiffre de pop corn et qui ne peut s’empêcher de commenter chaque scène. Ou pire, de rire bruyamment même quand ce n’est pas drôle. En plus, j’ai toujours mal au cul dans ces sièges-là et le cinéma ne me donne pas la possibilité de faire pause pour aller pisser (à moins de lâcher au passage une autre pièce de 50 centimes pour devoir uriner sur un savon rose puant). A ce prix-là, en plus, quand le film est pourri, j’ai vraiment l’impression de m’être fait racketter. Non franchement, le cinéma, ce n’est plus ma tasse de thé. Et je ne télécharge même pas de films. Je me contente de regarder un DVD par mois. Plus, ça me gave… Ou alors, je me concentre sur les incontournables. Exemple : le prochain Batman qui sortira au mois d’août. Et encore… Je ne suis d'ailleurs allé voir ni le dernier des frères Coen, ni le dernier Tarantino, ni le dernier Dany Boyle. Je pensais même que Woody Allen était mort. Ça vous situe le niveau de mon apathie (et donc de mon inculture) cinématographique actuelle.

Néanmoins, il m’arrive encore, une fois toutes les trois lunes, de pousser la porte d’un cinéma. La dernière fois, je crois que j’étais allé voir le film des Simpson. Cette fois-ci, changement de stratégie, nous optons pour There Will Be Blood, film dont je ne sais rien sinon que primo, c’est avec Daniel Day Lewis ; secundo, quelqu’un m’a dit qu’il avait lu quelque part que c’était bien ; tertio, ça parle de pétrole au début du XXe siècle.

Je ne vais pas vous refaire tout le pitch du film, il y a des tas de sites spécialisés pour ça. Mais voilà, le film est effectivement très bon. Et par-dessus le marché, il s’inscrit parfaitement dans les ambiances d’albums sur lesquels je me suis récemment laissé aller à la digression : Earth, Nick Cave ou à suivre 16 Horsepower et Dead Meadow. J’entends par là que There Will Be Blood évoque l’ouest américain, ses chaleurs torrides, son fanatisme religieux, ses pionniers, ses plaines désertes à perte de vue, ses colts, ses moustaches, ses rouflaquettes, ses bottes en cuir de coyote et le tabac qui se chique. La BO aurait pu être signée par Nick Cave et Warren Ellis justement (The Proposition, The Assassination of Jesse James). Or, c’est bien Jonny Greenwood, accessoirement guitariste de Radiohead, qui s’y est collé… avec un résultat bluffant d’authenticité. Dès qu'on évoque Radiohead, on imagine des guitares cinglantes accouplées à toutes sortes de bidouillages électroniques. Ici, ce sont plutôt les cordes qui sont à la fête et apportent leur pierre à l'édifice de ce film étouffant. On y reconnaît l'univers des surdoués d'Oxford, mais les ingrédients sont tout simplement différents. Histoire d'éviter l'anachronisme. Les plages de cette courte BO (moins de 35 minutes) sont indissociables de certaines scènes épiques du film de Paul Thomas Anderson. A écouter hors de son contexte, l'oeuvre reste intéressante, mais perd un peu de sa puissance.

2 commentaires:

Yv a dit…

Il y a une belle marque d'humour dans la première partie de ton propos sur les salles obscures. Tu m'a bien fait rire.

Je n'ai pas encore eu l'occasion de voir le film ni d'écouter la B.O., mais ça donne envie ! J'attendrai sa sortie en DVD.

P.-S. : No country for old men = gros dossier ! J'ai bien aimé.

Gégé a dit…

"Je trouve le concept même de cinéma totalement dépassé"

:-)))