lundi 18 janvier 2010

Nick Cave - The Death of Bunny Munro


20 ans après la sortie d’un premier roman, le rude Et l’Ane vit l’Ange, Nick Cave a ressorti sa plume aiguisée avec The Death of Bunny Munro, un texte (un tantinet) plus léger et beaucoup moins chargé de symboles religieux que son prédécesseur.


Bunny Munro est un commercial qui fait du porte à porte pour écouler des produits cosmétiques. Depuis ses 12 ans, Bunny est persuadé d’avoir un don : un pouvoir sexuel irrésistible. Résultat: là où certains se laissent guider par leur instinct, il préfère vivre au rythme de ses érections, un train de vie mené à une cadence infernale, Bunny pouvant se targuer d’avoir la braguette particulièrement bien huilée. Dans le Borinage, on dirait qu’il a « la bite en bandouillère ».


Sur la route, entre deux visites chez des clientes – et donc victimes – potentielles, Bunny rêve de l’humidité de l’entrejambe d’Avril Lavigne et du popotin bien rebondi de Kylie Minogue dont les chansons passent en boucle sur l’auto-radio de la Punto.


Après le décès inopiné de son épouse, Bunny décide d’emmener son fils Bunny Junior sur les routes du littoral britannique pour lui apprendre les ficelles du métier. C’est là que commence pour eux un parcours semé d’embûches quand on sait que :

- Bunny Junior, 9 ans, souffre d’une infection aux yeux qui demande un traitement médical adéquat ;
- Bunny Junior reçoit les visites fréquentes du fantôme de sa mère ;  
- Bunny père, abruti par la drogue et l’alcool, devient purement et simplement incapable de contrôler la bête qui sommeille au fond de son caleçon.


Voilà pour les préliminaires d’un livre sulfureux et violent, parfois très drôle (j’ai failli pisser de rire dans le train en lisant les commentaires "élogieux" de Bunny sur le physique de Frida Kahlo) mais souvent carrément odieux. Un livre dans lequel fils, père, et même grand-père s'échangent leurs rôles mutuels, au point de ne plus vraiment savoir en fin de compte qui est censé veiller sur qui, qui est l'adulte et qui est l'enfant. Un livre dont on s'imprègne rapidement et qui distille à petites doses la sensibilité des personnages, pour s'achever sur un feu d'artifice où Cave va quand même servir quelques références bibliques... et nous montrer que derrière ses grandes oreilles de chaud lapin, Bunny dissimule également un petit cœur tout mou. Comme chacun d'entre nous, paraît-il. 


Le lien 


Lire ou écoute des extraits sur le site officiel.

Quand Annie-Mae m'ôte les mots du clavier : http://iclapmydirtyhands.blogspot.com/2010/01/lapin-cretin-death-of-bunny-monroe.html 

3 commentaires:

Niaco a dit…

Un livre dont la légèreté de ton finit par créer un sentiment de malaise un peu gluant sous la peau. C'est la première fois que lis Nick Cave, c'est assez déroutant.

Annie-Mae a dit…

Ah oui, Frida Khalo, j'avais presque oublié ce passage....Je pense pas que le livre soit léger, il est juste complètement déjanté.

AL a dit…

COmment as-tu pu oublier Frida Kahlo? Tout le train de 8h28 s'en souvient...

Dans l'absolu, ce livre n'a rien de léger. Mais comparé à "Et l'âne vit l'ange", c'est Martine à la plage.

@ Niaco : bon, à quand ton grand retour sur ce blog, fieu ?