Dans mon dernier post, je m'étonnais d'apprendre que Filigranes serait encore une librairie. Selon moi, c'est juste un salon de thé où on peut s'essuyer les doigts sur une quatrième de couv' après avoir avalé une tarte poires cannelle. Après vérification, je confirme : tout comme chez Lunch Garden ou Flunch, on y trouve de vieux réacs à la dentition chancelante en train de glorifier la grandeur du passé, en dévorant tant bien que mal des pâtisseries ramollies à quatre heures de l'après-midi. Et vas-y que c'était mieux avant, quand les bonnes femmes restaient à leurs fourneaux, que les noirs se contentaient de balayer nos rues avec un os dans le nez, à l'époque où on pouvait encore appeler un PD un PD ou un Bougnoule un Bougnoule.
Avec tout de même une différence notable : chez Filigranes, on a garni les étagères de faux livres, histoire de faire illusion. Une idée de déco pour la cantine de votre maison de repos ?
La preuve en image:
Initialement consacré aux chroniques musicales, ce blog a muté pour devenir mon carnet de route de musicien au sein de OMSQ.
mardi 6 janvier 2015
mardi 23 décembre 2014
Zemmour chez Filigranes : les dessous d'un vrai débat (autour d'une quiche feta épinards)
Zemmour à Bruxelles nous apprend au moins une chose : à moins que le petit roquet français se soit reconverti dans les tartes meringuées, sa venue chez Filigranes confirme qu'on y vendrait encore des livres. Sale temps pour les sandwicheries up-scale.
L'annonce de la venue d'Eric Zemmour à Bruxelles - pour une conférence au Cercle de Lorraine et une séance de dédicaces chez Filigranes - déchaîne les passions, sur fond de débat sur les limites de la liberté d'expression. Faut-il donner chez nous une tribune à Zemmour, celui qui chie tout haut ce que certains pètent tout bas ? Et voilà qu'on s'étripe entre défenseurs d'une liberté d'expression absolue, et celles et ceux qui estiment que celle-ci s'arrête là où commence l'incitation à la haine. Pour ma part, je m'interroge quand même : si les cons n'ont plus la liberté de débiter leurs conneries en public, qui va se charger de les contredire ? Loin de moi l'idée de cautionner le discours de l'olibrius en question, version maigrichonne de notre Laurent Louis national. Mais puisque ses âneries ne dépassent pas le niveau de la cour de récré, pourquoi dès lors ne pas organiser un vrai débat contradictoire, qui devrait logiquement le voir repartir la queue entre les jambes après s'être fait retourner comme une vulgaire crêpe ?
Pourtant, le débat autour du polémiste de comptoir français éclipse mal deux autres réalités.
Primo, ne faut-il pas y voir une tentative ridiculement désespérée du Cercle de Lorraine - ce club de débats pour "leaders d'opinion" en boutons de manchettes - de détourner l'attention de sa situation financière désastreuse ? Pertes récurrentes, dettes qui s'accumulent, fonds propres épuisés, liquidités à sec... On ne parle pas ici de la Grèce mais bien d'un prétendu haut lieu de réflexion censé rassembler le gotha du monde économique, politique et financier du pays. Je ricane. Même la SNCB se porte mieux.
Secundo, le passage de l'écrivain au rabais chez Filigranes semble indiquer que l'établissement serait encore une librairie. Avec en toile de fond cette question, hautement plus intéressante si on veut relever le niveau du débat : mais qui achète encore des livres chez Filigranes ? Au fil des années, la librairie bruxelloise est en effet devenue un gigantesque foutoir, dans lequel s'entasse à peu près tout et n'importe quoi. La dernière fois que j'y ai mis les pieds, j'ai dû laisser mon sac dans un casier à l'entrée - ce que même Mediamarkt n'exige plus. J'ai ensuite d'û me faufiler dans un flux continu de visiteurs qui marchent au pas, version littéraire du petit train de Plopsaland, où ma liberté de mouvement reste tributaire du bon vouloir des individus qui m'entourent. Si celui qui me précède s'arrête pour feuilleter un magazine de voile, je me vois contraint d'attendre qu'il ait fini sa lecture pour pouvoir avancer. Ou consulter une revue sur les montres suisses pour patienter.
Plus choquant encore, lors de ma dernière visite, j'étais coincé entre d'un côté, un couple au délicieux accent de l'axe Paris XVe - St Job - Châtelain qui s'émerveillait devant l'immense choix de tartes de chez Francine que propose l'établissement et, de l'autre, un pianiste au sourire bleuté. Ce dernier massacrait d'une main la Lettre à Elise en sirotant de l'autre un verre de vin bio, qui expliquait la teinte de ses incisives. Car oui, diversification oblige, Filigranes a préféré investir dans un espace restauration plutôt qu'adopter une logique de rangement des ouvrages digne de ce nom. Si auparavant, il était déjà pratiquement impossible de trouver l'objet désiré sans devoir faire appel aux conseils d'un vendeur désemparé, la démarche est devenue encore plus ardue depuis qu'il faut de surcroît franchir le parcours d'obstacles que constituent les tables où l'on déguste des quiches accompagnées d'un thé vert menthe fraîche. Au bout du compte, Filigranes et Fnac: même combat. On n'y trouve jamais le moindre bouquin, mais on se consolera chez l'un avec un cheese cake aux speculoos, chez l'autre en parcourant le rayon grille-pains, aspirateurs et pèse-personnes.
Bref, revenons à nos cochons: la venue de Zemmour à Bruxelles est finalement salvatrice puisqu'elle nous apprend que le Cercle de Lorraine existe toujours (y vendent-ils des salades de betteraves ou des fours à raclette pour survivre?) et que Filigranes reste une librairie.
J'en termine avec ce qui me semble être le seul réel débat que soulève toute cette polémique: quel est finalement l'intérêt de boire de la piquette biologique ? A quoi bon favoriser les bienfaits physiques du bio s'il faut avaler deux litres de Gaviscon pour faire passer les crampes d'estomac qui s'ensuivent? Sans même évoquer le flacon de listerine qu'il faut vider après coup pour se débarrasser du sourire de schtroumpf.
A vos dissertations mes enfants.
L'annonce de la venue d'Eric Zemmour à Bruxelles - pour une conférence au Cercle de Lorraine et une séance de dédicaces chez Filigranes - déchaîne les passions, sur fond de débat sur les limites de la liberté d'expression. Faut-il donner chez nous une tribune à Zemmour, celui qui chie tout haut ce que certains pètent tout bas ? Et voilà qu'on s'étripe entre défenseurs d'une liberté d'expression absolue, et celles et ceux qui estiment que celle-ci s'arrête là où commence l'incitation à la haine. Pour ma part, je m'interroge quand même : si les cons n'ont plus la liberté de débiter leurs conneries en public, qui va se charger de les contredire ? Loin de moi l'idée de cautionner le discours de l'olibrius en question, version maigrichonne de notre Laurent Louis national. Mais puisque ses âneries ne dépassent pas le niveau de la cour de récré, pourquoi dès lors ne pas organiser un vrai débat contradictoire, qui devrait logiquement le voir repartir la queue entre les jambes après s'être fait retourner comme une vulgaire crêpe ?
Pourtant, le débat autour du polémiste de comptoir français éclipse mal deux autres réalités.
Primo, ne faut-il pas y voir une tentative ridiculement désespérée du Cercle de Lorraine - ce club de débats pour "leaders d'opinion" en boutons de manchettes - de détourner l'attention de sa situation financière désastreuse ? Pertes récurrentes, dettes qui s'accumulent, fonds propres épuisés, liquidités à sec... On ne parle pas ici de la Grèce mais bien d'un prétendu haut lieu de réflexion censé rassembler le gotha du monde économique, politique et financier du pays. Je ricane. Même la SNCB se porte mieux.
Secundo, le passage de l'écrivain au rabais chez Filigranes semble indiquer que l'établissement serait encore une librairie. Avec en toile de fond cette question, hautement plus intéressante si on veut relever le niveau du débat : mais qui achète encore des livres chez Filigranes ? Au fil des années, la librairie bruxelloise est en effet devenue un gigantesque foutoir, dans lequel s'entasse à peu près tout et n'importe quoi. La dernière fois que j'y ai mis les pieds, j'ai dû laisser mon sac dans un casier à l'entrée - ce que même Mediamarkt n'exige plus. J'ai ensuite d'û me faufiler dans un flux continu de visiteurs qui marchent au pas, version littéraire du petit train de Plopsaland, où ma liberté de mouvement reste tributaire du bon vouloir des individus qui m'entourent. Si celui qui me précède s'arrête pour feuilleter un magazine de voile, je me vois contraint d'attendre qu'il ait fini sa lecture pour pouvoir avancer. Ou consulter une revue sur les montres suisses pour patienter.
Plus choquant encore, lors de ma dernière visite, j'étais coincé entre d'un côté, un couple au délicieux accent de l'axe Paris XVe - St Job - Châtelain qui s'émerveillait devant l'immense choix de tartes de chez Francine que propose l'établissement et, de l'autre, un pianiste au sourire bleuté. Ce dernier massacrait d'une main la Lettre à Elise en sirotant de l'autre un verre de vin bio, qui expliquait la teinte de ses incisives. Car oui, diversification oblige, Filigranes a préféré investir dans un espace restauration plutôt qu'adopter une logique de rangement des ouvrages digne de ce nom. Si auparavant, il était déjà pratiquement impossible de trouver l'objet désiré sans devoir faire appel aux conseils d'un vendeur désemparé, la démarche est devenue encore plus ardue depuis qu'il faut de surcroît franchir le parcours d'obstacles que constituent les tables où l'on déguste des quiches accompagnées d'un thé vert menthe fraîche. Au bout du compte, Filigranes et Fnac: même combat. On n'y trouve jamais le moindre bouquin, mais on se consolera chez l'un avec un cheese cake aux speculoos, chez l'autre en parcourant le rayon grille-pains, aspirateurs et pèse-personnes.
Bref, revenons à nos cochons: la venue de Zemmour à Bruxelles est finalement salvatrice puisqu'elle nous apprend que le Cercle de Lorraine existe toujours (y vendent-ils des salades de betteraves ou des fours à raclette pour survivre?) et que Filigranes reste une librairie.
A vos dissertations mes enfants.
lundi 29 septembre 2014
Lettre ouverte à Didier Zacharie: le rock’n’roll, c’est par ici.
Cher Didier Zacharie,
Ce dimanche 28 septembre, dans un article publié sur le site du journal Le Soir, vous vous demandez où est passé le rock’n’roll. Vous partez de la reformation des Libertines (dont l’article n’omet pas de citer le prochain concert en Belgique, avec lien ad hoc vers le site de l’organisateur Live Nation pour réserver son précieux sésame) pour constater que la bande à Pete Dohery serait:
« Le dernier groupe ayant porté haut le flambeau sex, drugs & rock’n’roll (qui) ressuscite au moment où « le rock est au plus bas », selon la petite phrase du producteur pop Greg Kurstin (Beyoncé, Lilly Allen, Lana Del Rey). »
Vous dressez alors la liste des groupes qui, à vos yeux, ont à un moment ou un autre incarné ce sacro-saint rock depuis le début du millénaire, de Coldplay à Franz Ferdinand en passant par le gang des groupes en « The ». Votre article se conclut sur ce constat implacable:
« Le rock, par contre… Retombé dans l’anonymat, surclassé dans les charts par le rap et l’électro, de moins en moins capable de remplir de grandes salles, devenu inoffensif au point d’être moqué par un Kanye West qui s’est autoproclamé « plus grande rock star actuelle »... Exactement comme en 2000. « Je suis dans l’attente d’un retour du rock, de quelque chose de brut et pertinent, explique encore notre producteur du monde pop, Greg Kurstin. Tout est tellement pop en ce moment que j’attends un truc qui en soit le complet opposé. Quelque chose de brut, peut-être un groupe à guitares ». Le retour des Libertines donnera-t-il des idées ? Sera-t-il l’étincelle qui fera à nouveau exploser le rock ? »
Pour prétendre que le rock est mort, je suppose que vous n'avez jamais assisté à un concert de Gnod, Djevara, Hey Colossus, Perhaps ou, plus près de chez nous, Sunken, Swingers, Raketkanon, Castles, Khohd, Deuil ou Coubiac.
Puisque vous semblez ignorer où est passé le rock, je vais donc vous aider à retrouver votre chemin. Le parcours n’est pourtant pas semé d’embuches, il suffit d’ouvrir les oreilles et d’oser chercher ses sources ailleurs que dans le triumvirat Pure FM – Werchter – Les Inrocks. Car oui, le rock est toujours vivant, plus que jamais. Il sévit encore et toujours au coin de la rue, là où les journalistes « rock » aveuglés par le dernier album de Daft Punk n’osent plus traîner.
Le rock n’est pas mort.
Il est juste fauché, comme il l’a toujours été.
Le rock s’écoute dans des bars et des salles de concert qui ne vous ajouteront pas sur la guest-list, soit parce que l’entrée est gratuite, soit parce que le groupe qui joue finance lui-même son concert. Mais essayez et vous verrez : lâcher un billet de 5 euros pour en prendre plein les oreilles fait souvent un bien fou.
Le rock s’écoute sur des plateformes d’échange et de découverte en ligne. C’est sans doute moins traditionnel que les CD promo dont les majors inondent votre boîte aux lettres, mais tellement plus nourrissant pour l’esprit. Eh oui, le rock est fauché, il n’a donc pas les moyens d’arroser les journalistes d’envois promotionnels.
Le rock se lit sur des webzines et blogs indépendants, alimentés par des bénévoles passionnés qui osent sacrifier plusieurs soirées par semaine pour aller voir des concerts de sombres inconnus qui rameutent 10 personnes et en ramener de superbes photos et des interviews au vitriol.
Le rock s’écoute sur des labels et netlabels, belges notamment, qui pullulent sur la toile, et accouchent chaque jour d’excellentes sorties numériques et physiques.
Vous en doutez ?
Voici quelques pistes qui vous aideront à retrouver la trace du rock’n’roll.
Depuis le mois d’août et jusqu’à la fin de l’année, le Magasin 4 à Bruxelles fête ses 20 ans avec une programmation qui ferait pâlir le plus ambitieux des festivals. Passez leur faire un petit coucou et vous verrez que le rock a encore de beaux jours devant lui.
Le 18 octobre, l’hyperactif netlabel belge GodHatesGodRecords organisera à La Zone à Liège une soirée entière de performances live des meilleurs représentants de son catalogue. Dans l’indifférence médiatique la plus totale (ou presque), ce netlabel parti de rien a publié en une petite année d’existence pas moins de 100 albums, EP et compilations, tous proposés en téléchargement libre, mêlant rock, noise, electro, ambient et shoegaze.
Les 24 et 25 octobre, le collectif bruxellois Hexagen soufflera ses cinq bougies avec un festival qui gravitera autour du Beursschouwburg et du Magasin 4. Parmi les groupes à l’affiche, vous n’aurez aucune peine à trouver ce rock qui semble tant vous manquer.
On continue ? Parlons un peu des labels belges, si vous le permettez.
En un an d’existence, le label bruxellois Navalorama Records en est déjà à 7 sorties physiques, sur CD et sur vinyle, et accumule les chroniques élogieuses, qu’il s’agisse d’artistes belges (Yadayn, Marteleur, In Heaven) ou internationaux (Ice Dragon, Samuel Jackson Five et d’autres dont les projets sont plus qu’avancés). L’état des stocks montre que le vrai rock ne s’est jamais aussi bien porté.
Du côté de Namur, Hyphen Records, un autre label indépendant qui publie des sorties physiques notamment en partenariat avec GodHatesGodRecords, fait aussi parler de lui… mais surtout à l’étranger. Au point d’avoir l’honneur d’occuper toute une scène pour une journée entière au prochain Blackpool Music Festival, le 11 octobre prochain en Angleterre.
Et la liste est encore longue : Black Basset Records, Antée Records (qui se concentre uniquement sur le vinyle et sortira bientôt également des cassettes), Mandai Distribution, etc. Nous sommes nombreux à fabriquer avec nos petites mains des disques de rock, de vrai rock, sans en tirer le moindre profit ni la moindre couverture médiatique à grande échelle. Le Magasin 4 accueillera d’ailleurs plus de 40 labels et distributeurs pour une journée portes ouvertes ce dimanche 5 octobre, de quoi garnir vos étagères à vinyles d’artistes rock bien vivants.
Continuons avec ceux qui font la promotion du rock chez nous : le webzine Shoot Me Again, Radio Campus, Radio Panik, Radio Alma, les émissions de Kool Strings et The Music Lounge, RUN à Namur, les postcasts de Radio Kinky Star à Gand, les reportages photo de Séverine Bailleux, etc.
La liste est interminable.
Vous voyez, Monsieur, si vous cherchez où est passé le rock, il suffit de demander. A lire votre article, j’ai l’impression que vous cherchez surtout où est passée l’industrie du rock. A cette question, malheureusement, je n’ai pas de réponse. Voyez-vous, notre passion, c’est de jouer de la musique et de la partager avec un maximum de personnes, que ce soit via nos disques, nos albums en téléchargement libre ou nos concerts organisés avec quelques bouts de ficelle.
L’industrie du rock, tout ce qu’elle recherche, c’est vendre.
Et vendre, nous, on s’en fout un peu.
Vous vous demandez pourquoi aucun groupe "rock" n'a percé dans les charts récemment? Demandez-vous plutôt pourquoi vous, en tant que journaliste, vous n'avez pas été capable d'en faire connaître de nouveaux auprès du grand public.
J’espère en tout cas vous avoir aidé à retrouver votre chemin. Je terminerai cette carte blanche par une invitation : notre nouvel album est sorti en septembre et pour célébrer l’événement, nous organisons une release party ce jeudi 2 octobre, au Fulmar 1913, à Bruxelles. Je sais que les journalistes « rock » n’ont pas pour habitude de payer leurs billets de concert, dès lors je mettrai personnellement 5 euros dans la caisse pour vous permettre d’y entrer gratuitement, même si aucune guest list « presse » n’est prévue. Je serai d’ailleurs ravi de vous offrir un CD, une bonne bière et une paire de boules Quiès pour vous éviter les acouphènes le lendemain. Vous voulez du « sex, drugs and rock’n’roll » ? Vous ne serez pas déçu. Nous serons tous en transe, nous jouerons plus fort que jamais et vous verrez que nos compagnes sont sacrément plus sexy que Kate Moss ! La soirée commencera avec les Fabulous Progerians. Si après cette mise en bouche, vous n’êtes toujours pas convaincu de l'état de santé de notre bon vieux rock, nous en remettrons une seconde couche en deuxième partie de soirée, en mode matraquage de tympans. Les DJ sets se termineront au petit matin. Et nous en reparlerons ensuite, si nos oreilles sont encore en état de capter quoi que ce soit. Pensez peut-être à prendre congé le lendemain. Les soirées de vrai rock se terminent rarement avant le passage du dernier tram.
Mais comme nous n’avons nullement la prétention de représenter qui ou quoi que ce soit, je vous invite surtout à laisser traîner vos trompes d’Eustache à l’un des événements mentionnés plus haut, à vous intéresser à ces quelques labels et à tous les autres que je n’ai pas pu mentionner. Il y en a tellement. Et ce sera avec plaisir que je lirai prochainement dans vos colonnes un article intitulé « Le rock a eu la peau de l’industrie musicale. Qui s'en plaindra ? »
Amitiés,
AL / OMSQ
PS : Contrairement à l'article du Soir qui a amené cette réaction, l'accès à notre musique est entièrement gratuit. Profitez-en : http://omsq.bandcamp.com
Ce dimanche 28 septembre, dans un article publié sur le site du journal Le Soir, vous vous demandez où est passé le rock’n’roll. Vous partez de la reformation des Libertines (dont l’article n’omet pas de citer le prochain concert en Belgique, avec lien ad hoc vers le site de l’organisateur Live Nation pour réserver son précieux sésame) pour constater que la bande à Pete Dohery serait:
« Le dernier groupe ayant porté haut le flambeau sex, drugs & rock’n’roll (qui) ressuscite au moment où « le rock est au plus bas », selon la petite phrase du producteur pop Greg Kurstin (Beyoncé, Lilly Allen, Lana Del Rey). »
« Le rock, par contre… Retombé dans l’anonymat, surclassé dans les charts par le rap et l’électro, de moins en moins capable de remplir de grandes salles, devenu inoffensif au point d’être moqué par un Kanye West qui s’est autoproclamé « plus grande rock star actuelle »... Exactement comme en 2000. « Je suis dans l’attente d’un retour du rock, de quelque chose de brut et pertinent, explique encore notre producteur du monde pop, Greg Kurstin. Tout est tellement pop en ce moment que j’attends un truc qui en soit le complet opposé. Quelque chose de brut, peut-être un groupe à guitares ». Le retour des Libertines donnera-t-il des idées ? Sera-t-il l’étincelle qui fera à nouveau exploser le rock ? »
Pour prétendre que le rock est mort, je suppose que vous n'avez jamais assisté à un concert de Gnod, Djevara, Hey Colossus, Perhaps ou, plus près de chez nous, Sunken, Swingers, Raketkanon, Castles, Khohd, Deuil ou Coubiac.
Puisque vous semblez ignorer où est passé le rock, je vais donc vous aider à retrouver votre chemin. Le parcours n’est pourtant pas semé d’embuches, il suffit d’ouvrir les oreilles et d’oser chercher ses sources ailleurs que dans le triumvirat Pure FM – Werchter – Les Inrocks. Car oui, le rock est toujours vivant, plus que jamais. Il sévit encore et toujours au coin de la rue, là où les journalistes « rock » aveuglés par le dernier album de Daft Punk n’osent plus traîner.
Le rock n’est pas mort.
Il est juste fauché, comme il l’a toujours été.
Le rock s’écoute dans des bars et des salles de concert qui ne vous ajouteront pas sur la guest-list, soit parce que l’entrée est gratuite, soit parce que le groupe qui joue finance lui-même son concert. Mais essayez et vous verrez : lâcher un billet de 5 euros pour en prendre plein les oreilles fait souvent un bien fou.
Le rock s’écoute sur des plateformes d’échange et de découverte en ligne. C’est sans doute moins traditionnel que les CD promo dont les majors inondent votre boîte aux lettres, mais tellement plus nourrissant pour l’esprit. Eh oui, le rock est fauché, il n’a donc pas les moyens d’arroser les journalistes d’envois promotionnels.
Le rock se lit sur des webzines et blogs indépendants, alimentés par des bénévoles passionnés qui osent sacrifier plusieurs soirées par semaine pour aller voir des concerts de sombres inconnus qui rameutent 10 personnes et en ramener de superbes photos et des interviews au vitriol.
Le rock s’écoute sur des labels et netlabels, belges notamment, qui pullulent sur la toile, et accouchent chaque jour d’excellentes sorties numériques et physiques.
Vous en doutez ?
Voici quelques pistes qui vous aideront à retrouver la trace du rock’n’roll.
Depuis le mois d’août et jusqu’à la fin de l’année, le Magasin 4 à Bruxelles fête ses 20 ans avec une programmation qui ferait pâlir le plus ambitieux des festivals. Passez leur faire un petit coucou et vous verrez que le rock a encore de beaux jours devant lui.
Le 18 octobre, l’hyperactif netlabel belge GodHatesGodRecords organisera à La Zone à Liège une soirée entière de performances live des meilleurs représentants de son catalogue. Dans l’indifférence médiatique la plus totale (ou presque), ce netlabel parti de rien a publié en une petite année d’existence pas moins de 100 albums, EP et compilations, tous proposés en téléchargement libre, mêlant rock, noise, electro, ambient et shoegaze.
Les 24 et 25 octobre, le collectif bruxellois Hexagen soufflera ses cinq bougies avec un festival qui gravitera autour du Beursschouwburg et du Magasin 4. Parmi les groupes à l’affiche, vous n’aurez aucune peine à trouver ce rock qui semble tant vous manquer.
On continue ? Parlons un peu des labels belges, si vous le permettez.
En un an d’existence, le label bruxellois Navalorama Records en est déjà à 7 sorties physiques, sur CD et sur vinyle, et accumule les chroniques élogieuses, qu’il s’agisse d’artistes belges (Yadayn, Marteleur, In Heaven) ou internationaux (Ice Dragon, Samuel Jackson Five et d’autres dont les projets sont plus qu’avancés). L’état des stocks montre que le vrai rock ne s’est jamais aussi bien porté.
Du côté de Namur, Hyphen Records, un autre label indépendant qui publie des sorties physiques notamment en partenariat avec GodHatesGodRecords, fait aussi parler de lui… mais surtout à l’étranger. Au point d’avoir l’honneur d’occuper toute une scène pour une journée entière au prochain Blackpool Music Festival, le 11 octobre prochain en Angleterre.
Et la liste est encore longue : Black Basset Records, Antée Records (qui se concentre uniquement sur le vinyle et sortira bientôt également des cassettes), Mandai Distribution, etc. Nous sommes nombreux à fabriquer avec nos petites mains des disques de rock, de vrai rock, sans en tirer le moindre profit ni la moindre couverture médiatique à grande échelle. Le Magasin 4 accueillera d’ailleurs plus de 40 labels et distributeurs pour une journée portes ouvertes ce dimanche 5 octobre, de quoi garnir vos étagères à vinyles d’artistes rock bien vivants.
Continuons avec ceux qui font la promotion du rock chez nous : le webzine Shoot Me Again, Radio Campus, Radio Panik, Radio Alma, les émissions de Kool Strings et The Music Lounge, RUN à Namur, les postcasts de Radio Kinky Star à Gand, les reportages photo de Séverine Bailleux, etc.
La liste est interminable.
Vous voyez, Monsieur, si vous cherchez où est passé le rock, il suffit de demander. A lire votre article, j’ai l’impression que vous cherchez surtout où est passée l’industrie du rock. A cette question, malheureusement, je n’ai pas de réponse. Voyez-vous, notre passion, c’est de jouer de la musique et de la partager avec un maximum de personnes, que ce soit via nos disques, nos albums en téléchargement libre ou nos concerts organisés avec quelques bouts de ficelle.
L’industrie du rock, tout ce qu’elle recherche, c’est vendre.
Et vendre, nous, on s’en fout un peu.
Vous vous demandez pourquoi aucun groupe "rock" n'a percé dans les charts récemment? Demandez-vous plutôt pourquoi vous, en tant que journaliste, vous n'avez pas été capable d'en faire connaître de nouveaux auprès du grand public.
J’espère en tout cas vous avoir aidé à retrouver votre chemin. Je terminerai cette carte blanche par une invitation : notre nouvel album est sorti en septembre et pour célébrer l’événement, nous organisons une release party ce jeudi 2 octobre, au Fulmar 1913, à Bruxelles. Je sais que les journalistes « rock » n’ont pas pour habitude de payer leurs billets de concert, dès lors je mettrai personnellement 5 euros dans la caisse pour vous permettre d’y entrer gratuitement, même si aucune guest list « presse » n’est prévue. Je serai d’ailleurs ravi de vous offrir un CD, une bonne bière et une paire de boules Quiès pour vous éviter les acouphènes le lendemain. Vous voulez du « sex, drugs and rock’n’roll » ? Vous ne serez pas déçu. Nous serons tous en transe, nous jouerons plus fort que jamais et vous verrez que nos compagnes sont sacrément plus sexy que Kate Moss ! La soirée commencera avec les Fabulous Progerians. Si après cette mise en bouche, vous n’êtes toujours pas convaincu de l'état de santé de notre bon vieux rock, nous en remettrons une seconde couche en deuxième partie de soirée, en mode matraquage de tympans. Les DJ sets se termineront au petit matin. Et nous en reparlerons ensuite, si nos oreilles sont encore en état de capter quoi que ce soit. Pensez peut-être à prendre congé le lendemain. Les soirées de vrai rock se terminent rarement avant le passage du dernier tram.
Mais comme nous n’avons nullement la prétention de représenter qui ou quoi que ce soit, je vous invite surtout à laisser traîner vos trompes d’Eustache à l’un des événements mentionnés plus haut, à vous intéresser à ces quelques labels et à tous les autres que je n’ai pas pu mentionner. Il y en a tellement. Et ce sera avec plaisir que je lirai prochainement dans vos colonnes un article intitulé « Le rock a eu la peau de l’industrie musicale. Qui s'en plaindra ? »
Amitiés,
AL / OMSQ
PS : Contrairement à l'article du Soir qui a amené cette réaction, l'accès à notre musique est entièrement gratuit. Profitez-en : http://omsq.bandcamp.com
samedi 28 juin 2014
Willy Cabourdin & OMSQ : "Rectification du Formulaire de Prières des Enfants de Marie. Phase 005."
Au commencement était l’attirance.
Willy Cabourdin n’est pas croyant. Il est par contre obsessionnel. Lorsqu’il a mis la main sur ce Formulaire de prières des enfants de Marie, il a d’abord été attiré par l’objet et instinctivement mû par le désir de le posséder.
Ensuite vint le verbe.
Bien sûr, en bon artiste, Willy ne s’est pas contenté d’acquérir l’objet et de le feuilleter distraitement comme l’aurait fait le commun des mortels. Ce désir de possession fit place à un besoin d’appropriation: l’envie irrépressible d’imprimer sa lecture impie à coups de feutre, tel un palimpseste moderne fait de mots et de figures géométriques.
Puis les techniques modernes.
En noircissant ces pages, nuit après nuit, à la recherche de “con” et “Jésus-Christ”, Willy a-t-il rencontré Dieu? Nul ne le sait, même pas lui. Il a par contre trouvé l’inspiration (divine?) qui allait nourrir son obsession et donner naissance à une phase 2, 3... Ainsi sa réécriture du formulaire de prières fut le déclencheur d’une autre vérité, photographiée et recomposée selon différents procédés caractéristiques du travail de l’artiste.
Désireux d’aller toujours plus loin dans sa démarche, Willy a ensuite créé un montage vidéo à partir de ces tirages, apportant un autre éclairage à son travail, mis en musique par OMSQ. Avec l’aimable participation de Dante. La vérité, la vraie, la seule, c’est que Willy Cabourdin aime mixer les techniques, transformer, réinterpréter, brouiller les pistes, superposer les lectures, et aller au bout de ses obsessions, phase après phase.
mercredi 4 décembre 2013
Marteleur - My Anvil is my Tuning Fork
Autant jouer franc jeu : à la base, je ne suis vraiment pas fan des albums construits autour de loops, cette technique qui consiste à enregistrer des parties de guitare et à les superposer pour en sortir une mélodie. Pourquoi je ne suis pas fan ? D'une part, parce que les rares fois où j'ai assisté à ce genre de prestation scénique (Lichens, Phosphorescent, etc.), je me suis profondément emmerdé. De l'autre, parce que je possède moi-même un looper et que j'ai rapidement pu constater qu'il est très simple de laisser la machine faire le boulot à votre place et donner ainsi l'impression aux novices d'être des virtuoses.
Deuxième aveu avant d'aller plus loin : Marteleur est un pote. Et son disque est une des premières publications de Navalorama Records, label fondé par un autre pote. Voilà qui situe l'ampleur du malaise lorsqu'il me file un exemplaire à la fin de l'été. Ne pas le chroniquer serait d'une goujaterie incommensurable. Et l'encenser sans y croire serait une trahison crasse de mes propres principes.
A moitié motivé, je glisse donc la plaque sur le tourne-disque pour une première écoute distraite qui me conforte dans mes convictions : cette musique n'est peut-être pas faite pour moi. Pour en avoir le coeur net, je m'impose alors une deuxième écoute, au casque cette fois, au cours d'une des nombreuses balades pédestres qui font office de sas de décompression pour mon esprit souvent embouteillé. Et là, surprise : derrière ces boucles où s'entrecroisent la basse et la guitare baryton, il y a autre chose que l'algorithme d'une machine qui se contente d'empiler bêtement les riffs. La recherche mélodique est évidente et dépasse largement l'écueil habituel de ce genre de compositions qui se limitent trop souvent à "Ecoutez, je connais mes gammes."
Toujours en train d'avaler les trottoirs, le casque solidement vissé sur mes feuilles de chou, je déguste donc ces 9 morceaux plutôt courts (on oscille en moyenne autour des 4 minutes, avec des pointes qui dépassent de justesse les 7 minutes) qui commencent à susciter un peu plus que de la curiosité. Lorsque résonnent les premières notes de la cinquième chanson "Where Everybody is Happy by Default", je sens que mes jambes passent en pilote automatique car la tête n'y est plus. Elle s'est paumée ailleurs, quelque part entre deux splendides arpèges. Si l'objectif de la marche était l'évasion, le choix de la bande son frôle la perfection. Impression largement confirmée par le morceau suivant, ironiquement baptisé "If God Dropped Acid, Would He See People?"et qui s'ouvre sur un climat beaucoup plus sombre et tendu, avant de relâcher la pression sur un nouvel arpège que n'aurait pas renié Joe Haege de 31knots.
Merde, je commence à mordre à l'hameçon.
Pan, le morceau suivant en remet une pelletée. Au départ d'une suite d'accords a priori anodins, je me retrouve projeté dans un climax d'harmonies qui frappe beaucoup plus rapidement que prévu. Pourquoi s'étaler pendant des siècles si on peut reproduire le même effet en jouant la carte de l'immédiateté ? Je vous le demande. A peine installé, le frisson retombe aussi vite qu'il est apparu pour se diluer dans une descente finale qui laisse à bout de souffle après à peine... 3 minutes et 30 secondes. Là où Mogwai aurait étiré les trois premières notes sur un bon quart d'heure cher payé, Marteleur décide de prendre le mouvement à contre-pied. Les compositions post-rock ont trop souvent misé sur l'indigestion, voire l'overdose.
- Tu aimes ce pinard ? On va t'en mettre dix caisses de douze bouteilles alors. Amène ta bagnole, ouvre le coffre et rabaisse la banquette arrière, je vais chercher le transpalettes.
Avec Marteleur, c'est l'effet inverse.
- Tu aimes ce pinard ? C'est con, c'était ma dernière bouteille.
Je reste persuadé qu'on savoure mieux en dosant les plaisirs, plutôt qu'en s'anesthésiant le palais - tout en se disloquant le coude. Je crois fermement qu'on en profite plus si on laisse les sens faire eux-mêmes le travail. J'ai connu des rhums qui dansaient sur la langue pendant encore deux bonnes heures après avoir vidé la dernière goutte du premier verre. Sensation impossible à reproduire si on siffle la moitié de la bouteille. Pour le dire autrement, au lieu de miser sur la surenchère, Marteleur préfère tabler sur la privation et la frustration. A l'auditeur de reconstruire son propre tableau sur la base des éléments fournis dans l'album. Le plaisir lié à la musique est intimement lié à la mémoire, paraît-il. Ce que font trop souvent les artistes qui jouent sur les loops, et a fortiori 99,99% de la scène post-rock, c'est de mettre en veille la mémoire de l'auditeur en répétant les mêmes phrases encore et encore. Le cerveau n'a alors plus aucun travail à fournir : il emmagasine bêtement l'information, passif. Or, comme le travail de mémorisation est central dans le plaisir que procure la musique, il faut justement savoir se montrer parcimonieux et ne pas en donner trop à l'auditeur. Car c'est précisément la stimulation des sens qui peut être jouissive à l'écoute d'une riche mélodie. Un bon exemple, c'est la chanson Captain Midnight de Tomahawk (même si ça n'a rien à voir avec le post-rock, mais c'est le premier titre qui me vient à l'esprit) :
Le refrain est imparable, il trotte dans la tête, il est chantant, il est juste parfait... mais tu ne l'entendras qu'une fois, parce qu'après le deuxième couplet, il ne reviendra plus. Alors que le morceau prépare l'avènement d'un deuxième refrain, il s'arrête brusquement. Privation, parcimonie, frustration. Effet 100% garanti.
Avec ce deuxième album de Marteleur, on retrouve les mêmes sensations : l'envie de réécouter pour s'assurer qu'on a bien compris... alors qu'il n'y a rien à comprendre. Juste se construire sa propre histoire et laisser la mémoire faire son travail.
Je suis donc forcé de revoir mon jugement sur les compositions basées sur des boucles. Voilà qui fait mes affaires puisque ça m'évite de tomber dans l'hypocrisie. Je n'écrirais pas que l'album de Marteleur est un grand disque si je n'en étais pas moi-même intimement persuadé, mais c'est un fait :
L'ALBUM DE MARTELEUR EST UN GRAND DISQUE
A prendre avec patience.
A écouter dans des circonstances variées pour lui trouver celle qui lui convient le mieux.
A se repasser tantôt distraitement, tantôt avec plus d'attention.
Signe qui ne trompe pas : les dates de concert s'enchaînent, preuve que la formule passe également sur scène. Ce n'est pourtant pas gagné d'avance quand on joue une musique aussi contemplative. Petit détail qui fait la différence : quand on joue du looper, il arrive que le climat prenne quelques secondes pour s'installer. Normal quoi... Sur scène, pendant ces brefs instants de flottement, j'ai vu des tas de fumistes faire semblant de jouer pour ne pas devoir assumer leur soudaine inutilité sur scène, alors que la machine prenait le relai sur quelques mesures.
Marteleur n'échappe pas à la règle. Mais, lui, il s'en fout. Quand c'est au tour de la machine de faire son travail, il pose sa gratte et il boit une bière. Respect.
Dernier détail : je t'ai dit que l'album était disponible en vinyle et en écoute intégrale sur le Bandcamp? Voilà, c'est fait. D'ailleurs, tu ferais bien de t'intéresser au vinyle. Tu as vu cet artwork de fou?
Les liens :
Marteleur sur Bandcamp.
Marteleur sur Facebook.
Marteleur sur YouTube.
Marteleur sur Navalorama Records.
Commander le disque chez Mandaï.
lundi 23 septembre 2013
Vidéos : OMSQ live in UK
Ça, c’est fait. Les deux premières dates de OMSQ à l'étranger, en l'occurrence en Angleterre, sont derrière nous. C'est le résultat d'énormément de boulot, souvent frustrant (plus de 280 emails envoyés à des promoteurs locaux, pubs, salles de concert, etc.) mais tellement jouissif quand la réponse positive tombe enfin. Il faut préciser que le principe de "pay to play" est malheureusement largement d'application outre-Manche. Le concept est aussi simple que destructeur pour des groupes de notre calibre : "Si tu veux jouer chez nous, pas de problème. Mais tu devras d'abord acheter 30 billets à 6£/pièce pour ton propre concert. Libre à toi de les revendre au prix de ton choix. Si tu n'es pas capable d'amener 30 personnes, alors c'est mieux de chercher ailleurs." Lire entre les lignes : on veut bien vous programmer mais on ne prendra aucun risque. Ce principe ferme de facto la porte à la plupart des groupes étrangers de notre trempe.
Au final donc, une micro-tournée plus qualitative que quantitative, qui - malgré nous - nous a évité d'écumer des pubs sales et à moitié vides pour nous concentrer sur deux prestations dans des endroits exceptionnels.
D'abord le MalcFest, à Charing, dans le Kent. Initialement imaginé comme la grande fête d'anniversaire de Malcolm Gayner, le batteur de Djevara, l'événement s'est au fil des années muté en un festival qui rassemble toutes les rencontres musicales que Malcolm a pu nouer lors de ses nombreuses tournées. Un vieux pub façon auberge des chasseurs, paumé au milieu de nulle part et entouré de prairies, plusieurs scènes sous tente. Festival entièrement gratuit, plus de 60 groupes à l'affiche sur trois jours, venus des quatre coins de l'Europe. Camping sauvage, barbecue à l'arrache, happenings un peu partout... le vrai festival DIY où les gens viennent s'en mettre plein les oreilles, dans des styles aussi variés que le hardcore, le punk rock, la power pop, le folk traditionnel, l'electro garage, le blues, etc.
Nous étions programmés le vendredi, à 14h40, dans la Green Tent. Tente cosy, on s'y amasse à 20, peut-être 30 en se serrant et en comptant les musiciens et leurs instruments. D'autant que dehors, il flotte comme vache qui pisse. Idéal pour balancer un set de 45 minutes, sur une sono de fortune. Les amplis ne sont pas repiqués, on se contente de balancer les samples en façade, ce qui ne les empêche pas de saturer. Le concert n'est certainement pas notre meilleur, mais la proximité sous cette tente pas tout à fait étanche a aidé à créer une vraie symbiose avec un public apparemment assez heureux de se faire détruire les oreilles. C'est comme si on jouait en famille, autour d'un feu ouvert, dans notre salon.
Sur la suite du festival, on a pu découvrir des tas d'artistes intéressants. Le duo punk-noise Lamo, le doom épique des vétérans de Khthon, la virtuosité acoustique de Tener Duende, la prestation electro-trash de l'incroyable Leevil, etc.
Le lendemain, direction Camden, à Londres, pour jouer dans une salle qui traîne derrière elle une solide réputation : The Underworld. Au MalcFest, tout le monde semblait admiratif à l'idée qu'on se produise dans cet endroit, présenté comme l'eldorado pour toute une scène qui pratique un rock lourd, du stoner au metal le plus extrême. Quelques semaines avant nous, Carcass s'y était produit. Dans le couloir qui mène au bar, quelques photos de nos illustres prédécesseurs : Josh Homme, Max Cavalera, Dave Grohl... On n'est pas là pour rigoler.
Ce jour-là, nous sommes à l'affiche d'un "All Dayer" baptisé "Ouch My Generator", ces concerts qui s'étalent sur toute une après-midi. 10 groupes à l'affiche, nous avons l'honneur de passer en quatrième position et d'être le seul groupe étranger programmé ce jour-là. En tête d'affiche, une référence sur la scène prog-sludge britannique : Humanfly, un groupe de Leeds qui tournait encore cette année avec Bongripper et Conan. Excusez du peu. Parmi les autres, on retrouve le screamo de Palehorse, le post-rock de Solaris, le sludge de Nomad, l'emocore de Sumer, l'afro-punk de Vodun...
Les conditions sont ultra strictes : 30 minutes par concert. Entre chaque concert, un battement de 15 minutes pour permettre au groupe précédent de démonter... pendant que le suivant s'installe. Un stage manager s'assure du respect du planning, chronomètre à la main. Juste avant nous, Solaris se fait couper la chique au bout des 30 minutes prévues : alors qu'ils entament un dernier morceau, l'ingé-son coupe les micros, rallume la scène et envoie un cd. On ne rigole pas avec l'horaire à l'Underworld.
Nous voilà donc sur scène, avec 15 minutes pour monter notre brol, sachant que la veille, au MalcFest, on a mis 1h15 pour finaliser le soundcheck... Ce n'était pas gagné. Lorsque le stage manager annonce qu'il nous reste 4 minutes, je suis encore en train de brancher mes pédales. A 2 minutes, j'accorde ma guitare. Et quand tout s'éteint et que Ludo, notre bassiste, soupire "Bon, on y va...", on n'a tout simplement pas fait de soundcheck.
On balance la sauce, aveuglés par des spots qui ne nous laissent entrevoir que le premier rang. Première bonne surprise : le son est excellent. Il faut dire que l'Underworld laisse peu de place au hasard. Trois personnes qui s'occupent du son, on n'avait encore jamais eu droit à ça avec OMSQ.
Evoquons brièvement les ennuis techniques du premier morceau : Ksa, l'autre guitariste, pète une corde après une minute de concert à peine, a laissé sa 2e guitare en backstage, se précipite sur ma guitare de secours mais ne m'entend pas quand je lui crie qu'elle n'est pas accordée. Il se rebranche, constate que rien ne sonne et quitte la scène, nous laissant terminer ce premier morceau à trois.
Ce set commençait de la pire des façons. Pas le temps de tergiverser. On a 30 minutes pour jouer. On a roulé des heures et des heures pour arriver jusqu'ici, ça nous a coûté un bras en ferry, en carburant, en parking. Pas question de se dégonfler.
Fin du premier morceau, le public ne semble pas nous tenir rigueur de cet incident. Ksa réapparait sur scène, plus furieux que jamais. C'est bon signe. Pied au plancher, on envoie un set serré, plus compact qu'à l'accoutumée, préparé spécialement pour l'occasion. Les morceaux défilent et, malheureusement, au bout de quatre titres, les 30 minutes sont déjà écoulées, alors que nous devons encore aborder notre final. Un bref regard à Patrice, l'organisatrice de l'événement, qui ne quitte pas le premier rang. Elle répond de continuer. Nous aurons été les seuls ce soir-là à déborder sur l'horaire prévu.
Sortis de scène, on sympathise avec les autres groupes à l'affiche ce jour-là. On entend des choses qu'on n'avait pas eu l'habitude d'entendre. Un gars nous compare à Cult of Luna, l'organisatrice nous demande de lui dédicacer un disque. Apparemment, on a marqué un grand coup. Jouer sans réfléchir, la rage au ventre, semble nous réussir.
On prend des contacts avec plein de gens. C'était le but premier de cette très brève tournée anglaise. Rencontrer, discuter, jouer, convaincre, préparer l'avenir. On reviendra en Angleterre, c'est certain. Et sans doute à l'Underworld.
En attendant, il est temps de redescendre, d'expulser cette tension ressentie sur scène. Il est temps de se bourrer la gueule. On reprendra la route le lendemain. Et on reviendra en Angleterre en 2014.
On a filé des badges et des stickers à tous ceux qu'on a rencontrés. Même aux chiottes. Même à la pizzeria. Et même aux chiottes de la pizzeria. Histoire de laisser une trace de notre premier passage en Angleterre. Histoire qu'ils ne nous oublient pas.
Les liens
Les photos du périple anglais par Séverine Bailleux
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Au final donc, une micro-tournée plus qualitative que quantitative, qui - malgré nous - nous a évité d'écumer des pubs sales et à moitié vides pour nous concentrer sur deux prestations dans des endroits exceptionnels.
D'abord le MalcFest, à Charing, dans le Kent. Initialement imaginé comme la grande fête d'anniversaire de Malcolm Gayner, le batteur de Djevara, l'événement s'est au fil des années muté en un festival qui rassemble toutes les rencontres musicales que Malcolm a pu nouer lors de ses nombreuses tournées. Un vieux pub façon auberge des chasseurs, paumé au milieu de nulle part et entouré de prairies, plusieurs scènes sous tente. Festival entièrement gratuit, plus de 60 groupes à l'affiche sur trois jours, venus des quatre coins de l'Europe. Camping sauvage, barbecue à l'arrache, happenings un peu partout... le vrai festival DIY où les gens viennent s'en mettre plein les oreilles, dans des styles aussi variés que le hardcore, le punk rock, la power pop, le folk traditionnel, l'electro garage, le blues, etc.
Nous étions programmés le vendredi, à 14h40, dans la Green Tent. Tente cosy, on s'y amasse à 20, peut-être 30 en se serrant et en comptant les musiciens et leurs instruments. D'autant que dehors, il flotte comme vache qui pisse. Idéal pour balancer un set de 45 minutes, sur une sono de fortune. Les amplis ne sont pas repiqués, on se contente de balancer les samples en façade, ce qui ne les empêche pas de saturer. Le concert n'est certainement pas notre meilleur, mais la proximité sous cette tente pas tout à fait étanche a aidé à créer une vraie symbiose avec un public apparemment assez heureux de se faire détruire les oreilles. C'est comme si on jouait en famille, autour d'un feu ouvert, dans notre salon.
Sur la suite du festival, on a pu découvrir des tas d'artistes intéressants. Le duo punk-noise Lamo, le doom épique des vétérans de Khthon, la virtuosité acoustique de Tener Duende, la prestation electro-trash de l'incroyable Leevil, etc.
Le lendemain, direction Camden, à Londres, pour jouer dans une salle qui traîne derrière elle une solide réputation : The Underworld. Au MalcFest, tout le monde semblait admiratif à l'idée qu'on se produise dans cet endroit, présenté comme l'eldorado pour toute une scène qui pratique un rock lourd, du stoner au metal le plus extrême. Quelques semaines avant nous, Carcass s'y était produit. Dans le couloir qui mène au bar, quelques photos de nos illustres prédécesseurs : Josh Homme, Max Cavalera, Dave Grohl... On n'est pas là pour rigoler.
Ce jour-là, nous sommes à l'affiche d'un "All Dayer" baptisé "Ouch My Generator", ces concerts qui s'étalent sur toute une après-midi. 10 groupes à l'affiche, nous avons l'honneur de passer en quatrième position et d'être le seul groupe étranger programmé ce jour-là. En tête d'affiche, une référence sur la scène prog-sludge britannique : Humanfly, un groupe de Leeds qui tournait encore cette année avec Bongripper et Conan. Excusez du peu. Parmi les autres, on retrouve le screamo de Palehorse, le post-rock de Solaris, le sludge de Nomad, l'emocore de Sumer, l'afro-punk de Vodun...
Les conditions sont ultra strictes : 30 minutes par concert. Entre chaque concert, un battement de 15 minutes pour permettre au groupe précédent de démonter... pendant que le suivant s'installe. Un stage manager s'assure du respect du planning, chronomètre à la main. Juste avant nous, Solaris se fait couper la chique au bout des 30 minutes prévues : alors qu'ils entament un dernier morceau, l'ingé-son coupe les micros, rallume la scène et envoie un cd. On ne rigole pas avec l'horaire à l'Underworld.
Nous voilà donc sur scène, avec 15 minutes pour monter notre brol, sachant que la veille, au MalcFest, on a mis 1h15 pour finaliser le soundcheck... Ce n'était pas gagné. Lorsque le stage manager annonce qu'il nous reste 4 minutes, je suis encore en train de brancher mes pédales. A 2 minutes, j'accorde ma guitare. Et quand tout s'éteint et que Ludo, notre bassiste, soupire "Bon, on y va...", on n'a tout simplement pas fait de soundcheck.
On balance la sauce, aveuglés par des spots qui ne nous laissent entrevoir que le premier rang. Première bonne surprise : le son est excellent. Il faut dire que l'Underworld laisse peu de place au hasard. Trois personnes qui s'occupent du son, on n'avait encore jamais eu droit à ça avec OMSQ.
Evoquons brièvement les ennuis techniques du premier morceau : Ksa, l'autre guitariste, pète une corde après une minute de concert à peine, a laissé sa 2e guitare en backstage, se précipite sur ma guitare de secours mais ne m'entend pas quand je lui crie qu'elle n'est pas accordée. Il se rebranche, constate que rien ne sonne et quitte la scène, nous laissant terminer ce premier morceau à trois.
Ce set commençait de la pire des façons. Pas le temps de tergiverser. On a 30 minutes pour jouer. On a roulé des heures et des heures pour arriver jusqu'ici, ça nous a coûté un bras en ferry, en carburant, en parking. Pas question de se dégonfler.
Fin du premier morceau, le public ne semble pas nous tenir rigueur de cet incident. Ksa réapparait sur scène, plus furieux que jamais. C'est bon signe. Pied au plancher, on envoie un set serré, plus compact qu'à l'accoutumée, préparé spécialement pour l'occasion. Les morceaux défilent et, malheureusement, au bout de quatre titres, les 30 minutes sont déjà écoulées, alors que nous devons encore aborder notre final. Un bref regard à Patrice, l'organisatrice de l'événement, qui ne quitte pas le premier rang. Elle répond de continuer. Nous aurons été les seuls ce soir-là à déborder sur l'horaire prévu.
Sortis de scène, on sympathise avec les autres groupes à l'affiche ce jour-là. On entend des choses qu'on n'avait pas eu l'habitude d'entendre. Un gars nous compare à Cult of Luna, l'organisatrice nous demande de lui dédicacer un disque. Apparemment, on a marqué un grand coup. Jouer sans réfléchir, la rage au ventre, semble nous réussir.
On prend des contacts avec plein de gens. C'était le but premier de cette très brève tournée anglaise. Rencontrer, discuter, jouer, convaincre, préparer l'avenir. On reviendra en Angleterre, c'est certain. Et sans doute à l'Underworld.
En attendant, il est temps de redescendre, d'expulser cette tension ressentie sur scène. Il est temps de se bourrer la gueule. On reprendra la route le lendemain. Et on reviendra en Angleterre en 2014.On a filé des badges et des stickers à tous ceux qu'on a rencontrés. Même aux chiottes. Même à la pizzeria. Et même aux chiottes de la pizzeria. Histoire de laisser une trace de notre premier passage en Angleterre. Histoire qu'ils ne nous oublient pas.
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mardi 3 septembre 2013
Un nouvel EP pour les Pixies
Les Pixies viennent de sortir un nouvel EP de quatre titres, qui peut être téléchargé directement depuis le site www.pixiesmusic.com.
Les collectionneurs se précipiteront sur le package qui comprend l'EP en vinyle 10 pouces, limité à 5.000 exemplaires, ainsi qu'un tshirt inédit pour la modique somme de... 36 euros, hors frais de port (entre 6 et 12 euros supplémentaires, selon la méthode choisie). Le vinyle seul vous coûtera 18 euros.
Les plus dubitatifs se contenteront du téléchargement seul, facturé 4 euros.
L'EP se décline à travers 4 titres :
"Andro Queen" n'annonce rien de bon. Mélodie synthétique fade, voix mièvre (ne me dites pas que c'est un Vocoder ???), tempo anémique. Je me réjouis d'atteindre rapidement les 3'24 de cette mise en bouche pour passer à autre chose. J'imagine que ceux qui préfèrent le côté "Where is my mind" y trouveront leur compte. Pour ma part, j'ai toujours eu un penchant pour les pièces plus caustiques, façon "Mr Grieves", "Gouge Away" ou "Alec Eiffel".
Sur "Another Toe", le groupe redresse légèrement la barre. Sans t'exploser au visage, on retrouve déjà un son plus mordant, moins aérien. On reste toutefois loin de la fureur qui a pu caractériser les Pixies d'autrefois. Le registre exploré ici rappelle plutôt la période Frank Black and The Catholics. Ce n'est pas ce qu'il a fait de pire en solo, mais ça n'a jamais tutoyé les sommets de l'époque où on se prenait des coups de boules en gueulant sur "Isla de Encanta". On navigue ici plutôt sur les eaux rassurantes d'un rock FM qui tiendrait tout à fait sa place dans une émission matinale de Classic 21.
A l'inverse des deux premiers morceaux, "Indie Cindy" m'a directement convaincu, avec son alternance de sons plus agressifs et de refrains poppy. La guitare tranche enfin, avec ce jeu inspiré du surf rock californien auquel Frank Black excelle pour ajouter une bonne couche de crasse. On retrouve enfin ses repères, même si l'explosion ultime se fait encore attendre. Je frémis en devinant un vers tel que "You put the cock in cocktail" suivi d'un fallacieux "I'm in love with your daughter".
Pour la réelle déflagration, il faudra patienter jusqu'à "What Goes Boom", dernier titre (déjà ?) d'un EP qui, en quatre titres, tente le pari impossible de réconcilier toutes les facettes des Pixies, de la plus pop à la plus violente. "What Goes Boom" s'aventure du côté des saturations, la batterie frappe plus fort, le chant se veut plus saccadé et c'est ça que j'attendais des Pixies. Dommage qu'on s'arrête en si bon chemin.
Les Pixies sont-ils définitivement (et surtout musicalement) de retour ? Après une très lucrative reformation qui a vu le groupe étrenner toutes les scènes du monde pour le meilleur (la tournée de 2004) et le pire (le scandaleux Doolittle Tour en 2009), il faudra sans doute patienter encore un peu pour affirmer que les Pixies sont mus par autre chose que leur compte en banque. Ce nouvel EP se révèle intéressant et trace les pistes d'un futur album, sans toutefois oser le parti pris. Un peu trop consensuel à mon goût, ça sent surtout le ballon d'essai avant un éventuel nouvel album.
Impression confirmée quelques semaines après la sortie du single Bagboy, qui emprunte lui aussi une autre voie, que je trouvais personnellement plus imaginative, sans être subjugué pour autant.
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