mardi 1 juillet 2008

Kiss my ass

Métaux lourds

La presse rock, c'est le contraire de la clope. La clope, on essaie désespérément d'arrêter et on souffre. La presse rock, j'essaie de m'y remettre mais je n'y arrive pas.

A peu près une fois par an, j'achète un Rock'n'Folk qui s'était dressé sur mon chemin au moment où j'avais voulu payer mes deux Win For Life. Cette année, le couperet est tombé début juillet.

En général, ce qui influence mon achat, c'est la présence d'un CD, "les morceaux qu'il faut avoir entendus pour garder la cool attitude cet été." Et la plupart du temps, j'écoute deux fois ledit CD avant de le ranger sur l'étagère "erreurs de jeunesse".

Au sommaire ce mois-ci, une interview fleuve de Kiss, 35 ans de rock et de mascara au compteur. De Kiss, je ne connaissais pas grand chose à part un ou deux tubes de rock FM et bien évidemment les super maquillages qui trônent sur leurs torses velus. Néanmoins, la couverture a suscité chez moi une profonde curiosité : tout à coup, j'avais envie de partager la passion de la Kiss Army, de comprendre ce qui anime cette communauté de fans qui a acheté leurs albums par millions. Et - pourquoi pas ? - de m'offrir un vieil album de ces papys du rock à l'occasion.

Quelle déception...

Malgré les multiples manoeuvres de Philippe (mouhaha) pour tirer quelque chose de valable des becs de Paul Stanley et Gene Simmons, on doit se contenter d'un ramassis d'inepties, baignant dans une arrogance qui ferait passer Justine Hénin pour l'Abbé Pierre.

Les deux clowns s'obstinent à répondre à côté des questions, à répéter qu'ils sont beaux, qu'ils sont le meilleur groupe de l'histoire, qu'ils ont vendu des millions d'albums et qu'ils tourneront encore dans 50 ans. Au passage, ils rappellent plusieurs fois que la France n'a jamais rien sorti de musicalement intéressant. Avec une certaine fierté, ils martèlent même que Daft Punk serait totalement inconnu en dehors des frontières de l'Hexagone. Ben tiens...

Moi qui pensais élargir ma palette musicale avec Kiss, je me retrouve devant deux bouffons en semelles compensées et plastrons à froufrous.

J'ai quand même appris une chose en lisant cette interview : la typo qui a servi à dessiner le logo de Kiss a été réalisée à la main, ce qui explique que la base des deux "S" soit légèrement différente. Je n'avais jamais remarqué ce détail.

Par contre, il y a toujours une question qui me turlupine à propos de Kiss : le double SS final, dans sa typo, évoque toujours chez moi une époque où certains se sentaient un peu à l'étroit outre-Rhin. Hasard, simple coïncidence ou mauvais goût ostensible ? J'avoue que je n'ai jamais pris la peine de chercher la réponse à cette question. Alors si tu peux éclairer ma lanterne...

[Off the record : dans ce même dossier sur Kiss, Rock'nFolk balaie les icônes rock qui se sont aussi laissé tenter par le grimage outrancier et/ou les déguisements à paillettes, de Bowie à Gwar, des Béru à Cradle Of Filth. Dommage qu'ils aient oublié la version "adulte" de Kiss : les doux agneaux d'Immortal]

2 commentaires:

cecfrombelgium a dit…

Mais pourquoi Rock&Foll?
Quel choix étrange.
Les Inrocks, oui et re-oui.
Ou Magic à la limite.
Mais Rock&Foll? Un magazine qui encense Flexa Lyndo... nan... pas Rock&Foll!

You fool!

AL a dit…

Comme pour les clopes : c'est l'emballage qui guide mon choix, ici une couverture hideuse avec Kiss.
pourquoi décide-t-on de commencer à fumer des Gauloises plutôt que des Malbur ou l'inverse ? C'est juste une question d'emballage