dimanche 22 février 2009

Casse Brique - Glumor


Pourquoi j’écoute de la musique? Drôle de question pour animer un dimanche qui se résume pour l’instant à un vieux pyjama, quelques tasses de café, un anti-inflammatoire, une brosse à dents et un bouton play qui reste enfoncé toute la journée.

« Il existe sans doute une réponse adaptée à chaque situation » me glisse sournoisement un attaché de presse qui n'est pas avare de lieux communs.

Néanmoins, en me remémorant le concert de Casse Brique, hier soir à Tournai, j’aurais tendance à dire que ce qui me plait le plus dans la musique, c’est d’entrer en communion avec ses auteurs. De sentir ce dialogue muet s’installer entre moi, d’un côté, et les instruments de l’autre. De regarder droit devant moi, de laisser la tête basculer d’arrière en avant, de remarquer petit à petit cette légère génuflexion en cadence avec la grosse caisse. Et de toujours fixer le vide droit devant moi. De me réveiller soudain en me demandant où j’étais les 15 dernières minutes. De me sentir transporté. Ailleurs. Pas ici. Juste ailleurs.

Ce sont des phénomènes qui s’expliquent difficilement. C’est purement subjectif. En parler revient presque à violer mon intimité.

Voilà ce que m’évoque la musique du duo bruxellois Casse Brique, sur son premier album Glumor certainement, mais encore plus certainement sur scène. Ou plutôt dans le public, puisque Casse Brique joue au milieu de la foule. Encore une manière de raccourcir les distances entre leurs décibels et mes oreilles.

« Un décibel, des décibeaux » me souffle cet idiot d’attaché de presse qui vient par la même occasion de signer son C4.

Le propre des groupes que j’apprécie, c’est cette aptitude à profiter des prestations live pour donner un éclairage nouveau à leurs disques. Après coup, on n’éprouve plus tout à fait les mêmes sensations à l’écoute de l’album. Chaque morceau ressasse une manne de souvenirs, chaque riff prend une dimension supplémentaire. De purement instrumentale, la musique devient carrément visuelle. On ne l’entend plus, on la contemple. Pour peu, on la comprendrait.

Casse Brique fait définitivement partie de ceux-là. Je craignais la démonstration technique math-rock. Casse Brique = Casse Couilles ? Raté. J’ai eu droit en réalité à une débauche d’énergie, d’enthousiasme, de générosité, d’humour même. Et d’humilité aussi.

Quand on joue à ce point avec les structures, il est pourtant de bon ton d’adopter une posture arrogante, de toiser l’auditeur haut perché sur sa maîtrise technique. Il n’en est rien ici. Comme par magie, le côté sophistiqué de la musique s’évapore. Tout est une question d’attitude. Ces deux lascars (ces « deux merdeux » comme ils l’avouent eux-mêmes sur leur page Facebook) l’ont bien compris : pas question de calculer, de retenir ou de poser. Casse Brique se donne à fond, vit sa musique et ne demande qu’à la partager, transpire ses compositions et contamine allègrement tout ce qui traîne dans un rayon d’un kilomètre.

Je me suis laissé emporter par ces boucles de guitare et de basse qui s’empilaient par cartons de six. Je me suis surpris à tapoter au rythme de la batterie la colonne sur laquelle j’étais appuyé. J’ai même frissonné. J’ai même souri. Je n’étais même pas bourré. Je n’avais même pas soif.

Voilà qui me fait dire que, décidément, il sort de bien belles choses sur le label Honest House. Que ceux qui ont une sainte horreur du math-rock s’attardent au moins sur titre Or Ahx. Il y a des préjugés qui ont du souci à se faire.

Les liens

Casse Brique sur MySpace: www.myspace.com/cassebrique

Le label Honest House : www.honesthouse.be

Honest House sur MySpace : www.myspace.com/honesthouse

4 commentaires:

Casse brique a dit…

merci albin, super sympa ta chronique...
Je l'ai recopié sur notre myspace. En espérant que tout aille bien pour toi. A bientot. Julien

AL a dit…

C'est qui Albin ?

casse brique (julien) a dit…

merde alors, c'est pas albin? ca doit etre alain ou un truc qui commence par Al... sorry man, j'ai oublié ton prénom. Je ne sais plus ou me mettre.. en meme temps, "glumor" a bien failli etre ta dernière chronique, une belle fin?
content que tu ailles bien et courage pour l'alcool, ca doit pas etre simple. les crustacés, c'est vraiment tous des enculés!
a plus

AL a dit…

Si si, tu avais vu juste. C'est seulement qu'en deux ans de blog, je ne me souviens pas avoir utilisé mon prénom complet ici. Pas grave, me voilà démasqué. Sorry maman, ton fils écoute de la musique de sauvage :-)))