mardi 10 février 2009

Coup de crayon : Facebook en vaut-il la peine?


“Mayhem is the norm. History is nothing but people killing people.” (28 Days Later)

Il fallait bien un jour que je parle de Facebook, même si ce n’est qu’un prétexte pour parler d’autre chose. Je ne vais pas m’étendre sur les débats qui consistent à savoir si c’est utile ou pas, si c’est dangereux ou pas, si c’est intrusif ou pas. Finalement, n’en revient-on pas toujours aux mêmes considérations ? Un minimum de modération et de bon sens suffisent à éviter les excès, non ? Après tout, selon le même raisonnement qui consiste à dire qu’un ordinateur ne peut jamais être plus intelligent que la personne qui le commande, Facebook ne peut utiliser nos données personnelles qu’à partir du moment où la victime les lui fournit sur un plateau d’argent. Logique…

Je ne vais pas refaire tout le tour de la question parce que d’autres l’ont déjà fait 100 fois. Mais je rappellerai juste que je n’aurais jamais rien su de l’homosexualité de mon chef s’il ne l’avait pas écrit en toutes lettres dans son profil, qui plus est un profil qui est ouvert à tous puisque je ne figure pas parmi ses amis.

Ce qui m’inquiète plus par contre, c’est cette facilité avec laquelle mes « contacts » se désinhibent et m’invitent à partager avec eux des opinions franchement tendancieuses. Dernier exemple en date : depuis une semaine, des gens se sentent autorisés à me demander de rejoindre des groupes réclamant le rétablissement de la peine de mort, suite au fameux massacre qui s’est déroulé dans une crèche de Termonde.

Et là, on s’attaque au vrai problème de Facebook : l’idée selon laquelle deux demi-cerveaux feraient un cerveau entier s’effondre de la plus absurde des manières. C’est d’autant plus criant quand on met ensemble 1000 demi-cerveaux. En fait, l’erreur consistait à croire que deux cerveaux juxtaposés devaient s’additionner, ce qui aurait donné : 0,5 + 0,5 = 1.

En réalité, ce qu’on constate avec Facebook, c’est qu’il fallait multiplier les cerveaux, et là ça change tout puisqu’on obtient : 0,5 x 0,5 = 0,25. Sur un échantillon de 1000 demi-cerveaux, on se retrouve à la puissance 1000 de 0,5, ce qui ne laisse pas grand-chose sous le cuir chevelu.

Tout ça pour en arriver où ? Simplement à une réflexion qui me tient à cœur et que les défenseurs de la peine de mort semblent souvent oublier, en particulier quand ils se rassemblent en « groupes ». Si au nom de la Justice on doit faire passer les tueurs d’enfants sur la chaise électrique (ou les pédophiles, ou que sais-je encore), alors il faut pousser le raisonnement jusqu’au bout. Allons-y également pour les chauffards qui tuent des enfants sur la route parce qu’ils roulent comme des abrutis (ils font d’ailleurs chaque année beaucoup plus de victimes que les « tueurs fous » à la Kim De Gelder). C’est vrai, y aurait-il de bons et de mauvais tueurs d’enfants ? L’équité de traitement n’est-elle pas le socle de la Justice ?

Et puisque la peine de mort est censée avoir un effet dissuasif, voire carrément préventif (je ne fais que répéter ce que j’ai lu sur Facebook), alors il faudrait aussi zigouiller ceux qui risquent un jour de renverser un enfant. Statistiquement parlant, on s’adresse ici à ceux qui prennent le volant après avoir bu de l’alcool (c’est prouvé), à ceux qui ne respectent pas les limitations de vitesse (c’est prouvé), à ceux qui prennent leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail (c’est prouvé), aux hommes de plus de 50 ans (c’est prouvé) et même aux hommes tout court (c’est prouvé également). En éliminant cette population à risque, on rallongerait déjà considérablement l’espérance de vie de nos enfants.

Et puisque la sécurité et la santé de nos enfants passent avant tout, il suffirait tout simplement de tuer tous ceux qui roulent en voiture, puisque ce faisant ceux-ci déversent dans notre atmosphère des tas de particules polluantes qui augmentent considérablement les risques de cancers, dont ceux des enfants en bas âge. On ne va quand même pas laisser ces assassins continuer à pourrir nos tyroïdes sans broncher !

Non franchement, il faudrait liquider tous ces tueurs en puissance. Et tant qu’à faire, autant les bazarder dès le plus jeune âge. Une étude récente montre que 100% des tueurs d’enfants ont eux-mêmes été enfants un jour. Non mais c’est un monde. On ne peut pas se permettre de courir le risque. Allez les chiards, on prend son ticket et on attend son tour bien sagement dans la file. Madame Justice va s’occuper de vous.




Comme le chante Didier Super :




Texte : AL

Dessin : Mabi - www.lesitedemabi.eu

5 commentaires:

Julien Vanderhaeghen a dit…

Et si on rétablissait la peine de mort contre ceux qui donnent la peine de mort? Parce que finalement... eux aussi ils deviennent meurtrier à leur tour...

Non?

Bien vu le post...

AL a dit…

n'oublie pas de checker les autres dessins de mabi.

Pour les exécutions, je propose qu'on commence par Benabar. Je n'en peux plus d'entendre ses textes qui ne contiennent aucun mot de plus de 2 syllabes chaque matin sur La Première.

slim911 a dit…

Je propose plutot guantanamo. Pour benanbar, la mort est trop douce.

Chouette texte AL, je vai transférer le lien à tous mes contact, histoire de voire qui réagit et comment. Perso j'en ai aussi marre d'entendre des bruits de bottes à chaque fois qu'un désaxé commet un crime, mes concitoyens sont prompt à retrousser les babines sur leurs crocs sanguinolent, sans réflechir au fait qu'ils pourraient bien être les prochains mordus.
J'ai parfois envie de regrimper dans les arbres

Lavdim a dit…

La marche blanche n'est jamais loin de la marche brune...

slim911 a dit…

Bien dit ça Lav, nom d'une couille !!!
Mort aux marcheurs blancs