jeudi 28 mai 2009

Onze onze onze: The Jesus Lizard is back

Onze années que j’attendais le retour sur scène de The Jesus Lizard. Onze années que je ressassais ces souvenirs toujours très clairs d’un David Yow indomptable surfant sur la foule du Pukkelpop et s’agrippant aux poteaux qui tenaient le chapiteau. Onze années que je racontais au premier passant que « le meilleur concert que j’ai jamais vu, c’était les Jesus Lizard. »

Hier, enfin, le jour J. Le retour du meilleur groupe de la planète sur la scène du festival Villette Sonique à Paris.

Il aura fallu en tout et pour tout 5 secondes à David Yow pour balayer les quelques milligrammes de doutes qui auraient pu subsister – « Est-ce que ce sera toujours aussi bien qu’avant ? » Les Jesus débarquent, Yow s’approche du micro. Avant d’entamer le set, il commente les prestations très discutables des deux groupes censés ouvrir le bal : Men Without Pants et Sunn O))).

« I took a shit this morning which sounded better than those bands. »

Le ton est donné. Il s’empare du micro, s’avance de deux pas, fond dans la foule et c’est parti pour pratiquement une heure et demie de pure folie. Yow est déchaîné, il n’a pas perdu une once d’énergie depuis tout ce temps. Il dérive sur un public survitaminé, se promène sur scène, hurle, prend deux pas d’élan et bondit à nouveau. Derrière, malgré les cheveux blancs de Duane Denisson, les Jesus Lizard assurent une rythmique d’enfer.

Le public ne s’y trompe pas : The Jesus Lizard a remporté haut la main le titre du meilleur groupe du monde et ils comptent bien le défendre. Quand on assiste à une prestation d’une telle intensité, tout est permis. Plus personne n’est rationnel. Les stage divings pleuvent. Un mec prend sa battue et effectue un salto avant de s’écraser sur nous. Un autre grimpe sur la scène, dérobe le micro et assure lui-même les chants sur la moitié de Boilermaker. Un autre se dresse à côté de David Yow, déboutonne son futal et montre son cul. Un autre fait le poirier avant de disparaître devant la scène. Une nana monte à son tour sur le podium, s’approche du leader charismatique et lui roule une pelle. Elle croit s’en tirer à bon compte mais David l’attrape par le cou, la plaque au sol et s’assied sur la pauvre demoiselle le temps de terminer son morceau. Enfin délivrée, la jeune fille se retrouvera avec l’élastique de sa jupe au niveau des genoux au moment de sauter dans le public.

Sur Blockbuster, David Yow s’enfourne le micro en bouche et chante un couplet entier tout en accomplissant une série de vingt pompes. Ce n’est plus du rock, c’est de la rage. Il finit une fois de plus dans le public, juste à côté de nous. Alors on le prend par l’épaule et on gueule avec lui dans le micro pour terminer le morceau.

« Do You ? Motherfucker ! »

Sueur, décibels et rock’n’roll. Le meilleur groupe du monde. La setlist est parfaite même si le rappel aura été un peu mollasson en comparaison au reste du show. Mais le corps humain a aussi ses limites. On souffle un peu, on s'éponge le front, la chemise ruisselle.

De ce concert, je rentre avec une dizaine d’hématomes sur les bras et les tibias. Des images plein la tête, des accords et des cris plein les oreilles. Je ne suis pas certain de pouvoir attendre onze autres années pour revivre ça. L'impression est celle d'avoir vécu un concert-orgie comme on les décrit dans les encyclopédies du rock : ces scènes de délire censées avoir disparu des salles depuis les années 70. Le rock est mort ? Mon cul.

Le meilleur groupe du monde, maman, c’est les Jesus Lizard.

A regarder : Puss et Seasick au Villette Sonique.








Les liens:
http://www.tgrec.com/bands/band.php?id=78

1 commentaire:

yugung a dit…

'tain, si ça c'est pas de la bonne nouvelle. il est prévu qu'ils refassent de la route ou c'est juste un one shot?
très sympa votre blog mon cher monsieur. vais m'y attarder!