mardi 11 décembre 2007

Tupperwavre : le retour du rock belgicain à la mayonnaise

Tout ça nous rendra peut-être le Congo

Une vidéo fort sympathique du groupe Tupperwavre, sorte de croisement entre Le Plat Pays de Jacques Brel et Chef, un p'tit verre du Grand Jojo. Formidable...



Le site officiel : http://www.tupperwavre.be/

lundi 10 décembre 2007

Coup de crayon : le con promis à la Belgique




















Il y a environ deux semaines, quand Mabi m'a proposé ce dessin pour le blog, j'étais plutôt réticent parce que je le trouvais juste à la limite de l'insulte. Mais depuis ce week-end et les propos d'Yves Leterme comparant la RTBF à la Radio Télévision Mille Collines, la radio rwandaise qui appela ouvertement au massacre des Tutsis et des opposants Hutus, le candidat premier ministre le plus médiocre de l'histoire belge m'a servi sur un plateau d'argent le motif qui m'a fait changer d'avis.
Je ne vais pas refaire toute l'histoire, j'ai déjà écrit tout ce que j'avais à écrire sur Yves Leterme. Ce mec est tellement consternant qu'il m'en ôte toute inspiration. Pour tenir des propos aussi stupides et irresponsables, il faut être soit extrêmement maladroit, soit complètement con, soit un fieffé pervers. La maladresse, on n'y croit plus trop. Entre les deux autres possibilités, je préfère ne pas choisir. L'avenir nous le dira bien assez tôt.

J'en profite pour vous proposer un autre dessin de Mabi qui se passe de tout commentaire :



Et, enfin, je termine par une petite infographie que j'ai bidouillée ce week-end en regardant Mise au Point, en référence à l'humour si particulier que pratique le sénateur Leterme. Imprimée sur un t-shirt, ça peut faire une chouette idée de cadeau à glisser sous le sapin :


[Il suffit de cliquer sur l'image pour en obtenir la version haute résolution.]

Tous les dessins de Mabi sont à admirer sur son site : http://www.lesitedemabi.eu/

dimanche 9 décembre 2007

C'est quoi cette pub sur mon blog???

Si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi une fenêtre de pub pour ebay s'ouvre sur ma page d'accueil, ça m'aiderait à m'en débarrasser au plus vite.
Merci d'avance pour les précieux conseils !

Le Créateur

Nick Hornby – Slam

Mon Harry Potter à moi

Un nouveau livre de Nick Hornby, l'auteur du génial High Fidelity, ça s’achète sans réfléchir, parce que ça descend tout seul. C’est un peu comme les olives. Il ne faut pas avoir faim pour descendre 250 grammes d’olives. Et après coup, on ne regrette jamais. Ce nouveau roman de Nick Hornby, je l’ai donc acheté sans même prendre le temps de lire la quatrième de couverture. De toute manière, il n’y avait rien d’écrit sur la 4e de couv, mais ça, je ne l’ai su que plus tard. Donc, voilà, je me promène à la Fnac, je fais un détour par le rayon English Litterature et ce bouquin me fait un appel de phares du haut de son étal, bien emmitouflé dans sa couverture criarde toute d’orange et de noir, façon indigestion post-Halloween.

Je me dépêche de terminer Bonjour Paresse et j’entame Slam, qui raconte les déboires de Sam, un adolescent de 15 ans, passionné de skate board, dont le principal ami est un poster de Tony Hawk punaisé sur un mur de sa chambre. Non seulement il parle à son poster, mais celui-ci lui répond en retour. Un poster qui parle ? Oui, enfin presque. Le poster ne répond qu’en citant des passages de Hawk. Occupation: Skateboarder, la bio officielle de Tony Hawk que Sam connaît par cœur. Ce qui donne lieu à de vrais dialogues de sourds puisque, comme l’admet Sam lui-même : « J’ai dit que le poster parlait, pas qu’il répondait nécessairement à mes questions."

Après 80 pages, je suis tout à coup saisi d'un doute. Je jette un oeil rapide au rabat que je n'avais pas pris la peine de lire. Et merde : c'est bien le premier roman pour ados écrit par Nick Hornby. Voilà qui m'apprendra. Tant pis : je suis déjà bien avancé dans ce bouquin. L'histoire est un peu naïve, mais ça reste très sympathique. Alors pourquoi pas ? J'embarque alors dans la vie de Sam, de ses relations avec sa jeune mère qui l'a conçu alors qu'elle n'avait que 15 ans et de sa réaction de jeune con lorsqu'il pense avoir lui-même fécondé sa copine.

Comme souvent dans les livres de Nick Hornby, Slam évoque les angoisses liées à la prise de nouvelles responsabilités, ici la fin précoce de l'insouciance de l'adolescence. On y croise aussi quelques allusions à ce que Bourdieu a appelé la reproduction, ce phénomène qui pousserait les classes modestes à stagner sur le même échelon de la hiérarchie sociale, notamment en reproduisant les comportements de leurs aînés. C'est drôle, touchant et finalement pas si naïf que ce que les premières pages laissaient craindre. Un peu de sentiments, beaucoup d'humour, une dose de science-fiction également et voilà un récit bien ficelé qui s'adresse tant aux ados qu'à leurs parents ou à leurs grands frères.

Et puis, petit clin d'oeil perso, j'y ai retrouvé un catalogue complet des émotions que j'ai pu ressentir à l'approche de la naissance récente de ma petite. Si ce n'est que moi, ça fait longtemps que je n'ai plus quinze ans. Hum...
Les liens :
Le site officiel de Nick Hornby : http://www.nickhornby.net/book.html
La partie du site de Penguin Books consacrée à l'auteur de High Fidelity : http://www.penguin.co.uk/static/cs/uk/0/minisites/nickhornby/index.html

samedi 8 décembre 2007

Un samedi au Bear Rock

Ce samedi 1er décembre, Namur accueillait le Bear Rock avec quatre groupes à l’affiche : Emma White, Les Yeux de la Tête, Hitch et Amen Ra. Passons sur le premier groupe, pas vraiment ma tasse de thé. Les trois autres hôtes de cette belle affiche, chacun dans leur style, ont combiné les ingrédients de la recette d’une soirée réussie.

Les Yeux de la Tête (France)
Groupe caennais. C’est comme ça qu’on appelle les habitants de Caen. Bon, je la ramène mais j’ai dû aller vérifier sur Wiki avant de l’écrire…
Ce groupe, je ne connaissais pas du tout et je n’avais même pas pris la peine d’aller visiter ni le site, ni la page MySpace. Finalement, j’ai été bien inspiré parce que la surprise n’en a été que meilleure. Trio saxo-basse-batterie, Les Yeux de la Tête pratique un jazz rock énergique, aussi à l’aise avec les reprises ambitieuses (Zappa, Hendrix et… Stravinski) qu’avec ses propres compos. Les trois musiciens manient leurs instruments avec dextérité, sans pour autant tomber dans la démonstration technique. Quelque part entre le punk et le free jazz, leur musique dégage une pêche impressionnante. Je me suis dépêché après le concert d’aller voir ce que leur table merchandising proposait. Et paf : la caverne d’Ali Baba. Devant moi, une bonne douzaine d’albums auto-produits, tous limités à 100 exemplaires et emballés dans un très bel écrin en carton. J’ai opté pour l’album L’œuf du cyclone qui reprend la plupart de morceaux qu’ils ont joués ce soir-là. Une bonne pioche. Le reste est à consulter sur le site http://www.petitlabel.com/.

Hitch (Belgique)
Plus de 10 ans de carrière déjà pour le trio emocore originaire de Courtrai. Ce concert était l’occasion de présenter une brouette pleine de nouveaux morceaux. Des titres plus posés que ce qu’on avait pu entendre sur le précédent album We Are Electric. Ici, Hitch travaille plus sur les textures, avec de longues entrées instrumentales. Sur scène, Hitch demeure impeccable et si l’album à sortir en 2008 est de la même tenue que ce concert, ce sera sans doute leur meilleure ponte. A suivre.

Amen Ra (Belgique)
Fan convaincu de leur album Mass III, je n’avais pas encore eu l’occasion de les voir en live. Je m’attendais à me faire clouer sur place… et c’est exactement ce qui s’est passé. Ambiance funèbre (ils jouent sans lumière, juste quelques images projetées sur un rideau noir), son d’enfer, Amen Ra a pulvérisé nos neurones avec ses compositions lourdes et répétitives. Boum boum boum. Chaque morceau tourne à l’incantation mystique, oppressant jusqu’à l’asphyxie totale. Boum boum. A côté d’eux, Isis, c’est Les Musclés.

Quelques photos de cette soirée sur le site du Bear Rock.

La vidéo d’Amen Ra, angoissante au possible, tournée l’an dernier au Vooruit de Gand :

mercredi 5 décembre 2007

Leçon de cynisme n°1: crédit, pétrole et vaseline

L'actualité nous offre parfois des coïncidences cocasses. Ainsi, le 24 novembre dernier, plusieurs associations de consommateurs organisaient la journée nationale sans crédit. Plusieurs animations ont eu lieu dans des centres commerciaux et à la sortie de magasins d'hi-fi et d'électroménager réputés pour leur force de conviction quand il s'agit de vous endetter.

Pourquoi acheter ce bête téléviseur de 81 centimètres quand, pour seulement 10 euros de plus par mois, vous pouvez vous offrir le modèle 101 centimètres, tellement plus pratique pour regarder des âneries toute la journée, puisque vous n'avez que ça à faire quand vous êtes au chômage?

Cette journée avait pour but de sensibiliser le grand public à cette nouvelle forme de lèpre qui s'appelle le surendettement.

Le même jour, le gouvernement belge sortant (mais toujours là), décidait d'autoriser désormais les banques à octroyer aux particuliers des prêts «mazout». Objectif de la démarche: permettre aux citoyens aux revenus modestes de ne pas devoir supporter en une fois le coût de leur facture d'énergie, gonflée par la flambée du cours du baril de brut. Les banques pourront dorénavant prêter aux malheureux le montant de leur facture et se faire rembourser sur douze mois. Ironique quand on sait que les experts estiment que si le pétrole ne faisait pas l'objet d'une spéculation aussi féroce (de la part des banques notamment), son cours se situerait entre 51 et 78 dollars, soit bien en-deçà du seuil des 100 billets verts avec lequel il flirte actuellement. Ce sont donc ces mêmes banques qui, en plus de gonfler les prix à la pompe, encaisseront les intérêts sur les prêts qu'elles auront consentis au pigeon de service: le consommateur sans le sou. Fallait une sacrée dose de culot: chapeau!

Et toujours le même jour, en parcourant le journal Références (le supplément Emploi du Soir), je tombe sur cette annonce énigmatique:



Apparemment, la crise, ça crée quand même de l'emploi dans certains secteurs. Comme je l'écrivais en ouverture: l'actualité nous offre parfois des coïncidences cocasses.

dimanche 2 décembre 2007

WELL DEEP - 10 Years of Big Dada

Mea Culpa

Le hip hop, c'est comme la chimie: je n'y connais rien de rien. Pour la chimie, la raison est simple: à l'école, il fallait bien faire un choix entre les différentes matières, autrement, j'aurais dû suivre des cours de 6 à 23 heures, 7 jours sur 7. Ce sont donc les sciences qui sont passées à la trappe au profit des lettres et des langues étrangères. Maladroit comme je suis, je trouvais moins dangereux d'expérimenter avec la grammaire italienne qu'avec des éprouvettes remplies de je ne sais quelle substance potentiellement capable de faire sauter tout le quartier.

Pour mon ignorance en hip hop, il faut également remonter à mon adolescence. A l'époque le monde se divisait en deux. Pas entre ceux qui avaient une arme et ceux qui creusaient, mais bien entre EUX et NOUS.

EUX, c'étaient ceux qui roulaient des mécaniques parce qu'à 16 ans, ils avaient déjà l'immense honneur d'user leurs shorts sur les bancs des noyaux C du Sporting de Charleroi ou de l'Excelsior de Mouscron. La perspective d'une brillante carrière sur les pelouses des plus grands clubs d'Europe leur conférait cet air arrogant qui les autorisait à marcher les jambes arquées, le 501 remonté au-dessus du nombril pour que la couture leur rentre bien profond dans le cul. Les tifs gominés qui ressemblent plus à des tagliatelles qu'à des cheveux, les rouflaquettes taillées en pointes, le blouson Zino & Judy, le parfum capiteux aspergé outrancièrement, ces Zack Morris du Borinage pensaient dominer le monde parce que trois demi-pétasses acceptaient volontiers de partager avec eux une mitraillette fricadelle sauce Bicky au-dessus, sauce américaine en-dessous. Niveau musical, ces footeux écervelés que nous avions baptisés «les Gringo» (n'y voyaient aucune allusion raciste, l'immigration mexicaine est restée très limitée dans le Borinage) ne juraient que par Tupac, Dr. Dre et 113.

En réaction contre la domination de ces nouvelles idoles du ballon rond, NOUS, nous rejetions en bloc tout ce qui les unissait: le foot et le sport en général, les fringues Levi's, le gel capillaire... et le hip hop. Nous, qu'en retour ils baptisaient «les morts», nous préférions lancer le concours de celui qui tiendrait le plus longtemps sans changer de futal, nous teindre les longs cheveux en bleu et, évidemment, écouter tout ce qui s'éloignait le plus de ce que nous considérions comme leur sous-culture, j'ai nommé le hip hop, le R&B, voire la soul (quel crime). Voilà comment nos sacs à dos tagués MAG (Mort aux Gringo's) se sont retrouvés encombrés de cassettes de Sonic Youth, des Pixies et de Tool.

Nous avions 16 ans, nous étions cons comme des balais, mais voilà comment un simple repli identitaire causé par la starification des joueurs de foot a systématiquement balayé de mon univers musical tout ce qui ressemblait de près ou de loin au hip hop. Aujourd'hui encore, malgré plus de 10 années qui se sont écoulées depuis ce schisme fondamental, je peine à m'intéresser au hip hop.

C'est pourquoi cette double compilation du label Big Dada, succursale hip hop des britanniques de Ninja Tune, tombe à point nommé. Elle permet d'attester de la richesse et de la variété de ce courant musical, des racines reggae de Roots Manuva aux textes décalés des Français de TTC, du phrasé agressif d'Infesticons aux textures jazzy de Ty. Il y en a pour tous les goûts. Forcément, tout ne me plait pas (c'est le propre des compilations), mais ce double CD a le mérite de restaurer l'image d'une musique salement écornée par les clichés véhiculés par les clips vidéo des fumistes à la Puff Dady : des nanas à moitié à poil, des Hummer rose bonbon et des chaînes en or qui font bling bling.

Pour les incultes comme moi, c'est un document essentiel.

Les liens intéressants :

www.bigdada.com