mercredi 8 août 2007

65DaysOfStatic – The Destruction Of Small Ideas

L’effet Passoa*

C’est une drôle de sensation, mais nous l’avons déjà tous vécue. C’est comme l’histoire de ce gars qui raffolait du Passoa, qui en prenait comme apéro à chaque fois qu’il dînait au restaurant, mais qui, après un barbecue (viande mal cuite ? marinade trop chargée à l’ail ? rosé coupé à l’antigel ?) s’est vu remettre tout le repas dans la cuvette des toilettes. L’horrible mixture avait beau se composer principalement de morceaux de merguez et d’herbes de Provence, ce sont les effluves des deux malheureux verres de Passoa qu’il avait bus pour l’apéro qui ont envahi la salle de bain pendant trois jours. Pièce qu’il a d’ailleurs fallu aérer abondamment et récurer deux fois au Mr. Propre fraîcheur lavande pour se débarrasser des odeurs d’apéritif tropical coupé aux acides gastriques. Depuis, rien que la photo d’une bouteille de Passoa dans un folder publicitaire lui donne des hauts le cœur.

C’est exactement ce que je ressens quand on évoque aujourd’hui le cas de 65DaysOfStatic. Il y a environ deux ans, sur les conseils avisés d’un ami, je découvrais amusé One Time For All Time, deuxième album de ces quatre Britanniques qui essaient de convaincre la planète que le post-rock est tout sauf une musique d’ascenseur. Pari réussi puisqu’ils parviennent à faire cohabiter sur un même titre leurs guitares spatiales et des sons plus durs tirés d’une boîte à rythmes et vaguement inspirés des maîtres du genre que sont Roni Size et Aphex Twin. Le résultat n’avait rien d’honteux et je m’étais laissé enthousiasmer par le côté explosif de la chose.

Quelques semaines plus tard, l’Ancienne Belgique accueillait une soirée se voulant post-rock, avec à l’affiche des groupes pourtant aussi variés que Grails, les démoniaques Wolf Eyes, Akron/Family, Mogwai et, bien évidemment, nos amis de 65DaysOfStatic. C’est précisément ce soir-là que se produisit l’effet Passoa. Sur scène, 65DOS avait beau maltraiter ses guitares comme une bande de possédés, je ne parvins jamais à adhérer à leur set. Pire, les samples, qui m’avaient pourtant paru discrets sur album, semblaient cannibaliser le son des autres instruments, au point de semer sérieusement le trouble dans mon esprit : ces quatre zigotos seraient-ils en train de nous faire du playback façon « Dix qu’on aime » ? J’en doute mais alors pourquoi leurs mouvements sur leurs guitares ne correspondaient en rien à la musique qui me parvenait ? Justement parce que les samples occupaient peut-être trop d'espace… Ajoutons à cela une attitude de boys band à guitares et leur compte était bon. Entre eux et moi, ça commençait à sentir le (Passoa) roussi.

De retour dans la voiture, je m’étais repassé le CD pour vérifier si l’omniprésence des samples en live était aussi perceptible sur disque. Le premier morceau passa difficilement ; à la moitié du deuxième, la nausée commença à m’envahir. Effet Passoa…

Et aujourd’hui, voici que 65DaysOfStatic est devenu un groupe plutôt hype, à l’affiche de tous les festivals, et qui collectionne les éloges, même de la part des sites et des magazines les plus respectables. Les prestations live de 65DOS étonnent, ébouriffent et suscitent l’adhésion générale. Mais merde, c’est moi contre le reste du monde ou quoi ?

Du coup, je me suis forcé à écouter ce nouvel album dont j'ai lu tant de bien pour en avoir le cœur net. Comme je l’écrivais plus haut : la musique de 65DaysOfStatic n’a rien d’honteux. Mais je n’arrive plus à l’apprécier, même avec la meilleure volonté du monde. C’est pareil pour le gars qui a vomi son Passoa : il ne vous dira jamais que c’est une boisson dégueulasse mais, par contre, il sait qu’il n’y touchera plus jamais de son vivant.

Alors je n’ai qu’un conseil à vous donner : écoutez 65DaysOfStatic sur MySpace et faites-vous votre propre opinion. Mais quoi qu’il en soit, évitez de m’en servir pour l’apéro ou c’est votre moquette qui en pâtira.

* fonctionne également avec de l'Amaretto, de la Blanquette de Limoux ou de la sauce Bicky.

Les liens intéressants:

Le site officiel : www.65daysofstatic.com/
Sur MySpace : http://www.myspace.com/11488230

Et une vidéo en live pour les fans :

1 commentaire:

silvano a dit…

rassure toi. Je n'étais pas au concert de l'AB mais, de l'avis de mes nombreux potes musicophiles acharnés (type crunch) 65days of statique c'est :
- des fumistes
- de la merde
- me parle plus jamais de ces nazes
- du play back
- des tapettes
et j'en passe et des plus vertes.