dimanche 26 août 2007

Douglas Cowie - Owen Noone & Marauder

Coup de cœur de la rédaction

***article publié par Niaco***

Le créateur de ce blog m’a prêté ce livre en me disant : « Je l’ai fait lire à un pote. Quand il l’a eu fini, il est allé s’acheter une guitare ». Je l’ai lu, et depuis je cherche une basse (histoire de ne pas trop copier).
Owen Noone & Marauder est un hommage à tous ceux qui, ont un jour beuglé « Killing in the name »* dans leur chambre, incendiant la maison de riffs sortis tout droit d’une raquette de tennis, ou de n’importe quel autre objet évoquant une guitare, de près ou de loin.

Le principe du livre est simple : deux types qui ne savent ni jouer, ni chanter s’achètent deux guitares et montent un groupe de « pseudofolkrockpunk » qui, de cachetons en salles perdues, atteint le sommet du succès. Evidemment les maisons de disques s’en mêlent, une fille fait son apparition, mais l’essentiel réside dans l’idée de base du groupe : deux types unis par un plaisir de jouer qui les pousse, inlassablement, à aller de l’avant.

De la première à la dernière page, Owen Noone et son complice nous rappellent qu’on écoute de la musique avant tout par désir d’en jouer. Un désir parfois oublié, relégué aux oubliettes sous prétexte qu’on ne sait justement pas jouer, et qu’il est trop tard pour apprendre. Monumentale erreur : Owen et le Maraudeur non plus ne savent pas jouer. Et ils s’en foutent : ils chantent faux, jouent approximativement, mais animent leur musique d’une telle fougue, d’une énergie si sincère – si rock’n’roll dans le sens noble du terme – que le public accroche. Nous aussi d’ailleurs, car Owen Noone et le Maraudeur, sont pareils à nous. Sauf qu’ils ont osé sortir de leur chambre et monter sur une vraie scène.

Leur ascension est assez fulgurante et phénoménale pour ne pas briser l’élan du début, et les personnages sont assez vrais pour éviter au livre de sombrer dans le conte de fées niais. Exercice d’équilibriste réussi, Owen Noone & Marauder nous montre l’ascension et le déclin d’un vrai groupe de rock, en évitant la naïveté mais aussi une noirceur ennuyeuse qu’on aurait pu vouloir faire passer pour du réalisme. A ce titre, l’absence de drogue, et du cortège de déchéances qu’elles auraient pu apporter dans une telle thématique est assez salutaire, sans compter que ça nous épargne un sacré cliché.

Au final, on a l’histoire touchante d’être humains propulsés au cœur de leur idéal, luttant pour le préserver, trébuchant parfois, mais ne cessant jamais de gratifier le monde entier d’un énorme bras d’honneur.
Génial.

* Ou n’importe quel morceau de votre choix, vous saisissez l’idée, on va pas chipoter hein.

Douglas Cowie : Owen Noone & Marauder, Christian Bourgeois, 2005.

1 commentaire:

nkotb a dit…

J'ajouterai même qu'après quelques chapitres, je pouvais presque entendre leur musique. Ce bouquin est une perle, qui peut décomplexer des générations de gens qui se croyaient demeurés parce qu'ils adorent chanter Highway To Hell dans leur pommeau de douche, ou jouer Purple Haze avec l'aspirateur.